
Le Tour de France 2025 : À la découverte des bizarreries archéologiques bretonnes
Au-delà du sport, le Tour de France offre l’opportunité de (re)découvrir les paysages français et leurs particularités géologiques. La septième étape de l’édition 2025 débutera à Saint-Malo et se dirigera vers Murs-de-Bretagne. Juste après Yffiniac, les cyclistes traverseront Plédran, connue pour son camp de Péran, dont les murs sont vitrifiés.
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Les murs en pierre sont généralement maintenus par un mortier, un mélange de boue, de chaux ou de ciment hydraulique, qui durcit en séchant. Les types de mortiers ont évolué au fil des siècles, avec des traces d’utilisation remontant au Néolithique, soit environ 10 000 ans. Leur composition s’est diversifiée dès 4000 av. J.-C. dans l’Égypte ancienne.
Certaines constructions, comme celles des Grecs ou des Incas, ne nécessitaient pas de mortier, utilisant plutôt la gravité ou un ajustement parfait des pierres. Les murs vitrifiés, comme ceux du fort de Péran, sont plus rares. Ils sont formés par la fusion partielle des pierres, créant un verre qui les lie.
Le fort le mieux conservé de France
Le camp de Péran, situé à Plédran, est identifiable par son enceinte fortifiée, juchée à 160 mètres d’altitude, dominant la baie d’Yffiniac, à 9 km au sud-ouest de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor. Ce site, anciennement appelé « Pierres Brûlées », a révélé des artefacts archéologiques depuis 1820-1825. Les premières publications sur le sujet datent de 1846, signées par Jules Geslin de Bourgogne.
On pense que ce site était un oppidum gaulois, transformé plus tard en camp romain. Des fouilles ont confirmé que le camp date de la culture de la Tène, entre 450 et 25 av. J.-C., période marquée par l’apogée de la culture celtique.
L’énigme des murs vitrifiés
Ce fort est le mieux conservé de France, notamment grâce à ses remparts vitrifiés. Les pierres de ces murs sont soudées, car une partie a fondu, formant un verre qui les lie. De tels murs existent à travers l’Europe, avec une concentration notable dans les régions granitiques françaises.
Des recherches ont montré que la vitrification pourrait être le résultat de la combustion de poutres de bois utilisées dans la construction. L’incendie de ces poutres aurait libéré de l’eau, abaissant le point de fusion du granite, permettant ainsi la formation du verre. Les températures de fusion des granites varient, mais un granite « sec » fond vers 950 °C, tandis qu’un granite « hydraté » fond dès 840 °C.
La majorité des forts vitrifiés se trouvent dans des zones granitiques, ce qui pourrait expliquer leur prévalence. La nature intentionnelle ou accidentelle de ces vitrifications reste un sujet de débat.
Source : Article original sur les murs vitrifiés du camp de Péran.




