
L’aéroport Marseille-Provence face à la demande d’un couvre-feu nocturne
Confronté à la demande des communes limitrophes d’instaurer un couvre-feu nocturne pour le trafic aérien entre 23h et 6h, l’aéroport Marseille-Provence espère que l’État optera pour une « solution équilibrée ». Une interdiction stricte pourrait inciter certaines compagnies aériennes à rediriger leurs vols vers d’autres aéroports régionaux.
Dans un courrier adressé au préfet de région, les maires de plusieurs communes riveraines, représentant 102 000 habitants, dénoncent une « situation devenue intolérable » en raison des nuisances sonores nocturnes. Ils réclament un « couvre-feu total » des vols nocturnes, assorti de sanctions dissuasives en cas de non-respect.
La direction de l’aéroport reconnaît la légitimité des préoccupations exprimées par les élus, notant que les plaintes pour nuisances sonores sont récurrentes. En réponse, l’aéroport a déjà réduit le nombre de vols nocturnes, passant de 500 l’an dernier à environ 50 pour la saison en cours, dans un effort pour atténuer les nuisances.
L’aéroport de Marseille-Provence, qui a connu une croissance significative du trafic, avec un passage de 6 à 11 millions de passagers transportés annuellement depuis 2006, souligne qu’il accueille aujourd’hui moins d’avions, malgré une augmentation du nombre de passagers. Cela s’explique par une optimisation des opérations, permettant de réduire les nuisances sonores.
Actuellement, une étude d’impact, lancée en 2023 par la sous-préfecture d’Istres, vise à analyser les nuisances sonores et à proposer des pistes d’amélioration. Les résultats de cette étude seront déterminants pour toute décision future concernant d’éventuelles restrictions d’exploitation.
Les élus municipaux insistent sur le fait que seul l’État a la capacité d’imposer des restrictions d’exploitation aux compagnies aériennes. Un couvre-feu nocturne strict, comme celui appliqué dans d’autres aéroports français, serait la solution la plus contraignante. Toutefois, des solutions intermédiaires pourraient également être envisagées, comme la limitation des vols nocturnes aux opérations sanitaires et de sécurité.
Les responsables de l’aéroport se montrent confiants quant aux décisions à venir, espérant éviter des mesures extrêmes qui pourraient nuire à l’activité aéroportuaire. Ils soulignent que le transport aérien est un marché très concurrentiel, et que des contraintes supplémentaires pourraient avoir des conséquences économiques négatives.
Source : France Télévisions




