

Une Iranienne passe devant une banderole représentant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, dans la capitale Téhéran, le 9 mai 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
L’Iran a mis en doute samedi le sérieux de la diplomatie américaine dans les tractations pour trouver une issue au conflit au Moyen-Orient, sans toutefois communiquer sur sa réponse à la dernière proposition de Washington.
Un mois après l’entrée en vigueur d’une trêve, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a exprimé ce scepticisme lors d’un entretien téléphonique avec son homologue turc, Hakan Fidan, au lendemain de nouveaux accrochages dans les eaux du Golfe.
« L’escalade récente des tensions par les forces américaines et leurs multiples violations du cessez-le-feu renforcent les soupçons sur la motivation et le sérieux de la partie américaine sur la voie de la diplomatie », a affirmé M. Araghchi, cité par l’agence iranienne Isna.
Le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, a indiqué vendredi que Téhéran étudiait toujours la proposition américaine visant à mettre durablement fin aux hostilités. Donald Trump s’attend à recevoir une réponse « très bientôt », a rapporté samedi la chaîne de télévision LCI, après un bref entretien avec le président américain.
– Accrochages en mer –
Depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l’Iran, Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz, ce à quoi Washington a réagi en imposant le 13 avril un blocus des ports iraniens.
L’armée américaine a annoncé vendredi avoir « neutralisé » par voie aérienne deux pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Téhéran a dénoncé auprès de l’ONU une « violation flagrante » de la trêve.

Cette photo diffusée le 8 mai par la Marine américaine montre un destroyer américain bloquant un pétrolier iranien au large de l’Iran, le 24 avril 2026 ( US NAVY / – )
Une source militaire citée par l’agence Tasnim a indiqué que les forces iraniennes avaient répliqué. Après des échanges de tirs, « le calme est revenu », a-t-elle précisé. La guerre a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et a ébranlé l’économie mondiale.
Le bras de fer entre Téhéran et Washington à Ormuz a fait flamber les cours du pétrole: le baril de Brent de la mer du Nord a terminé la semaine au-dessus de 100 dollars.
Le Royaume-Uni a annoncé samedi qu’il allait « prépositionner au Moyen Orient » un destroyer actuellement en Méditerranée, en prévision d’une future mission internationale de sécurisation du transport dans le détroit d’Ormuz, une initiative codirigée avec la France.
Selon des images satellites, une nappe de pétrole d’une cinquantaine de kilomètres carrés a été détectée dans le Golfe au large de l’île iranienne de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90% du brut d’Iran. Cependant, l’Observatoire des conflits et de l’environnement a noté que cette nappe s’est « fortement réduite ».

Une femme marche dans une rue près d’une immense fresque sur un immeuble faisant référence au « détroit d’Ormuz », dans la capitale Téhéran, le 9 mai 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
« Il n’y aucune information officielle sur des fuites de pétrole près de l’île de Kharg », a assuré le dirigeant de la commission parlementaire iranienne sur l’énergie, cité samedi par l’agence Isna.
– Morts au Liban –
Sur l’autre front du conflit, au Liban, Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs attaques mutuelles quotidiennes, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril, qu’ils s’accusent de violer. Au moins huit personnes, dont une fillette, ont été tuées dans des frappes israéliennes sur le sud du Liban samedi.
Les frappes israéliennes au Liban ont fait 2.750 morts, selon le ministère de la Santé. De nouvelles discussions entre les deux pays voisins – toujours techniquement en état de guerre – sont prévues à Washington les 14 et 15 mai, bien que le Hezbollah s’y oppose.
Source : AFP





