Réforme du RNS : bras de fer entre Christophe Plée de la CPME et le gouvernement

Réforme du RNS : bras de fer entre Christophe Plée de la CPME et le gouvernement

Christophe Plée, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), s’oppose fermement à la réforme du Règlement national simplifié (RNS), qu’il qualifie d’« impôt déguisé ». Il critique un projet qu’il estime calqué sur un modèle métropolitain ayant déjà nui à de nombreux artisans locaux. Plée dénonce également la volonté du gouvernement de taxer les revenus du patrimoine, affirmant qu’il ne comprend plus les réalités de la Polynésie française. Il met en avant la complexité administrative de la réforme, notamment un « formulaire de 12 pages incompréhensible » imposé aux entrepreneurs, même dans les îles les plus éloignées.

De son côté, le président du Pays, Moetai Brotherson, défend la réforme, la qualifiant de « bon texte ». Il rejette les critiques concernant le manque de concertation, affirmant qu’il est nécessaire de prendre des décisions, même si cela implique de ne pas satisfaire toutes les demandes. Le gouvernement assure que la réforme n’a « aucun impact pour 75 % des gens » et cible principalement ceux qui perçoivent plus de 300 000 CFP de dividendes ou de loyers mensuels. Selon Brotherson, les petits entrepreneurs ne sont pas les victimes de cette réforme et pourraient bénéficier de « prestations améliorées ».

La CPME milite pour l’instauration d’un « régime unique » pour garantir l’égalité devant la Caisse de prévoyance sociale. Plée souligne une injustice : un indépendant cotise 9,84 % pour l’assurance maladie, contre 4,98 % pour un ancien salarié, ce qu’il considère comme une iniquité flagrante. Il accuse le gouvernement d’être « hors sol » en considérant qu’un revenu de 300 000 CFP est une richesse, rappelant le coût de la vie en Polynésie, et déclare que le Pays « tue les entrepreneurs à petit feu ».

Le conflit s’est intensifié depuis que le gouvernement a perdu sa majorité, ce qui, selon Plée, l’oblige à « écouter les autres ». Une proposition d’abrogation de la réforme est à l’étude à l’assemblée de Polynésie. La CPME a également engagé des recours contre le texte RNS, l’un devant le Conseil d’État et l’autre devant le tribunal administratif. Le patronat attend que le président agisse en tant que « président de tous les Polynésiens » et facilite un dialogue pour établir une nouvelle feuille de route.

Source : La1ere.fr

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire