
Pré-éclampsie : un espoir de traitement pour prolonger la grossesse et sauver des vies
La prééclampsie, une complication grave de la grossesse, est responsable de la mort de plus de 70 000 mères et de 500 000 bébés chaque année dans le monde. Cette condition, caractérisée par une hypertension artérielle, nécessite souvent un accouchement prématuré pour protéger la santé de la mère et de l’enfant. Toutefois, des avancées récentes dans la recherche offrent un nouvel espoir.
Lors d’un essai clinique innovant, des scientifiques américains ont ciblé une protéine, la sFlt-1, qui pourrait être à l’origine de la prééclampsie. En filtrant cette protéine du sang des femmes enceintes, les chercheurs ont constaté que les participantes avaient pu prolonger leur grossesse de 10 jours en moyenne sans effets négatifs sur leur santé ou celle de leur bébé, comme l’indiquent les résultats publiés dans la revue Nature Medicine.
Maria Patzwald, une des participantes, a pu accoucher de son fils Bennet à 34 semaines, une étape cruciale qui augmente les chances de survie des bébés prématurés. « Sans ce traitement, je pense qu’il serait né plus tôt et qu’il lui serait beaucoup plus difficile de démarrer la vie, » a-t-elle déclaré.
La prééclampsie est généralement détectée lors de contrôles prénatals de routine, mais son traitement n’a pas évolué depuis des décennies, le seul remède restant l’accouchement. Les chercheurs espèrent que cette nouvelle approche pourrait révolutionner la gestion de la prééclampsie, en ciblant la cause de la maladie plutôt que de simplement traiter ses symptômes.
La professeure Asma Khalil, obstétricienne consultante, souligne que gagner quelques jours supplémentaires en toute sécurité peut être vital pour les bébés. Cependant, des essais plus larges sont nécessaires pour confirmer ces résultats initiaux et évaluer la sécurité de cette méthode.
L’équipement nécessaire pour la filtration sanguine est similaire à celui utilisé pour la dialyse rénale, laissant entrevoir la possibilité de son utilisation dans des cliniques mal dotées. Toutefois, des questions subsistent quant à l’accessibilité de ce traitement, notamment dans les pays à faible revenu où les femmes sont les plus à risque.
Les chercheurs envisagent de commencer une étude plus approfondie sur ce traitement dans les mois à venir, avec l’espoir qu’il puisse être mis en pratique dans les trois à cinq prochaines années.
Source : BBC World Service





