Liaisons dangereuses entre cellules cancéreuses et micro-environnement tumoral dans les cancers du sein lobulaires

Liaisons dangereuses entre cellules cancéreuses et micro-environnement tumoral dans les cancers du sein lobulaires

Les cancers du sein lobulaires, représentant environ 10 à 15% des diagnostics de cancer du sein, sont caractérisés par un risque élevé de récidive à long terme. Une étude récente menée par l’Institut Curie et l’Inserm met en lumière les interactions néfastes entre les cellules cancéreuses, le système immunitaire et les fibroblastes, révélant des spécificités qui pourraient transformer la prise en charge clinique des patientes. Les résultats de cette recherche, publiés dans Nature Communications le 12 mai 2026, soulignent l’importance de ces interactions pour le pronostic des patientes.

Les cancers lobulaires se distinguent par leur développement sous forme de cellules tumorales indépendantes, en raison de la perte de la protéine E-cadhérine, essentielle à l’adhésion cellulaire. Cela entraîne une infiltration des cellules cancéreuses dans le tissu mammaire, souvent avec un diagnostic tardif. Selon le Dr Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de recherche à l’Inserm, la compréhension des spécificités de ce type de cancer est cruciale pour adapter les traitements.

L’infiltration immunitaire dans le micro-environnement tumoral est un indicateur pronostique important en oncologie. En général, une forte présence de cellules immunitaires est liée à un meilleur pronostic, car elles combattent les cellules tumorales. Cependant, dans les cancers du sein lobulaires, une forte concentration de lymphocytes intra-tumoraux est associée à un pronostic défavorable. Pour explorer ce paradoxe, les chercheurs ont utilisé des techniques avancées telles que le séquençage de cellules uniques et des analyses transcriptomiques spatiales.

L’étude révèle des interactions délétères entre trois types cellulaires : les cellules cancéreuses lobulaires, les lymphocytes T et les fibroblastes associés au cancer (CAF). Les cellules cancéreuses lobulaires maintiennent les CAF dans un état inflammatoire, attirant ainsi les cellules immunitaires, mais les empêchant d’être fonctionnelles. Ce phénomène crée un environnement tumoral inefficace, illustré par la métaphore d’une ville fortifiée dont les remparts ne protègent pas contre l’ennemi.

Ces découvertes ouvrent la voie à une médecine personnalisée. L’Institut Curie vise à identifier des biomarqueurs qui permettront d’adapter les traitements en fonction des caractéristiques spécifiques des patientes. Les travaux suggèrent l’existence de quatre sous-groupes de patientes atteintes de cancer du sein lobulaire, chacun présentant des profils de micro-environnement distincts, ce qui pourrait permettre des traitements ciblés.

Cette recherche souligne l’importance de la compréhension des mécanismes cellulaires dans le traitement des cancers du sein lobulaires, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour la prise en charge des patientes à long terme.

Source : Institut Curie, Inserm, Nature Communications

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