Santé mentale des jeunes.

L’adolescence n’attend pas : appel à l’action pour la santé mentale des jeunes

Une table ronde sur la santé mentale des jeunes s’est tenue ce mercredi 20 mai à l’Assemblée nationale. Le député écologiste de Loire-Atlantique, Jean-Claude Raux, a rassemblé des acteurs de la prévention, des familles de victimes et des proches d’agresseurs.

Les participants, connectés par visio, partagent une douleur commune. Béatrice, mère de Lorène, tuée le 24 avril 2025 par un camarade au lycée Toutes-Aides de Nantes, et Alexis, frère de l’agresseur ayant blessé gravement une élève au lycée Joubert-Maillard d’Ancenis, témoignent de drames qui ont bouleversé leurs vies. Bien que la santé mentale des jeunes soit proclamée « grande cause nationale », les actions politiques concrètes semblent faire défaut.

Ines, 16 ans et membre de l’association « Effervescence Jeunes », a exprimé son inquiétude face à la banalisation des problèmes de santé mentale. Elle souligne l’écart générationnel immense, affirmant que sa génération, ayant grandi avec Internet et les réseaux sociaux, mérite d’être entendue. Elle déplore également que les crises d’angoisse et la scarification soient souvent perçues comme normales dans les établissements scolaires.

Alexis, 25 ans, a soulevé des préoccupations concernant l’accès aux soins. Il a évoqué les délais d’attente dans les centres médico-psychologiques, souvent de six mois à un an, et le manque d’urgence perçu par les médecins généralistes. « Combien de drames faut-il pour être écouté ? » a-t-il lancé, illustrant le sentiment d’impuissance face à un système de santé saturé.

Les enseignants, comme Typhaine, professeure d’espagnol, se disent démunis. Elle a noté une augmentation des troubles d’apprentissage et a souligné le besoin urgent de formation sur la psychologie des adolescents. « On a besoin de moyens, tant dans l’Éducation nationale que dans la santé », a-t-elle déclaré, insistant sur l’importance d’avoir des psychologues scolaires disponibles.

Nathalie Claeyssens, psychologue, a ajouté que l’adolescence ne doit pas être ignorée et que des solutions rapides doivent être mises en place. Les intervenants ont convenu que les jeunes doivent être impliqués dans les actions de prévention, afin de leur donner un rôle actif dans la gestion de leur santé mentale.

Béatrice Gourmaud, présidente de l’association « Effervescence Jeunes », a appelé à repenser le système scolaire pour mieux intégrer la santé mentale. Elle a plaidé pour des espaces dédiés au bien-être dans les établissements, soulignant que « l’adolescence, ça n’attend pas ».

Les témoignages recueillis lors de cette table ronde mettent en lumière une réalité préoccupante : le manque de ressources et de soutien pour les jeunes en détresse. Les familles et les professionnels de l’éducation demandent des actions immédiates de la part des autorités pour répondre à cette crise.

Source : France 3 Régions

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire