
La sécurité des musées en France a été négligée, déplore la commission d’enquête
En France, la commission d’enquête parlementaire sur la protection du patrimoine et la sécurisation des musées a rendu ses conclusions le mercredi 13 mai 2026. Cette enquête a été initiée suite au braquage spectaculaire du Louvre, survenu le 19 octobre 2025. Les membres de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale ont inspecté plusieurs musées à travers le pays et ont constaté que les questions de sûreté avaient été « reléguées au second plan ».
Alexandre Portier, député Les Républicains et président de la commission, a souligné que « la sûreté n’a jamais été considérée comme une priorité de manière générale, au niveau national, pour nos musées ». Il a précisé que cette négligence est à l’origine de la situation actuelle, tant au Louvre que dans d’autres établissements.
Le rapport de la commission propose 40 recommandations, notamment la revalorisation des emplois liés à l’accueil et à la sécurité, ainsi qu’une meilleure formation des salariés. Les députés ont également mis en lumière le système quasi-autonome de certains grands musées nationaux, dont les présidents sont nommés directement par le président de la République. Cela engendre un manque de contrôle du ministère de la Culture sur ces établissements, comme l’a illustré le cas du Louvre, qualifié d’« État dans l’État ».
Alexis Corbière, député écologiste et rapporteur du texte, a proposé que les nominations soient désormais effectuées par un Conseil d’administration composé de personnalités qualifiées, de représentants du personnel et éventuellement de parlementaires. Il a également noté un « retard » significatif de « 20 à 27 mois » dans la mise en œuvre des mesures de sécurité, regrettant le « temps perdu » qui aurait pu prévenir le cambriolage.
Les députés espèrent que leurs 40 propositions seront bientôt introduites sous forme de projet de loi. Le cambriolage du Louvre, où huit joyaux de la Couronne d’une valeur estimée à 88 millions d’euros ont été dérobés, a mis en évidence des failles de sécurité dans un établissement qui couvre 244 000 m², dont 70 000 m² accessibles au public, attirant environ neuf millions de visiteurs par an.
Les travaux de la commission ont inclus une vingtaine d’auditions et tables rondes, avec plus de 100 personnes entendues, ainsi que des déplacements en France et à l’étranger.
Source : RFI




