
LIP : La Grève qui a Marqué l’Histoire de l’Horlogerie
À Besançon (Doubs), la marque LIP est emblématique. En juin 1973, les salariés de cette entreprise horlogère ont décidé d’entrer en grève, optant pour l’autogestion afin de contrôler la vente des produits de leur travail. Ce mouvement social a mobilisé des milliers de personnes et a été porté par des figures comme Roland Vittot, ancien délégué syndical, et Gérard Magnin, étudiant à l’époque.
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Contexte de la Grève
Fondée en 1867 par Emmanuel Lipmann, LIP est devenue un symbole de l’horlogerie française, notamment dans le Doubs, qui était alors un centre névralgique de cette industrie. Dans les années 1970, l’entreprise a été confrontée à des difficultés financières, exacerbées par l’avènement de l’électronique et la concurrence étrangère. En avril 1973, LIP dépose le bilan, entraînant des manifestations massives à Besançon.
Le 12 juin de la même année, lors d’une réunion, les salariés découvrent un plan de licenciement et un gel des salaires, ce qui déclenche la colère des travailleurs. Ils décident alors de séquestrer les administrateurs de l’entreprise.
Mobilisation et Autogestion
Le slogan « On fabrique, on vend, on se paie » résume l’essence de leur lutte. Les ouvriers ont ainsi pris le contrôle de leur production, une démarche qui a suscité un intérêt national et international. Ce mouvement a été perçu comme une alternative à la gestion capitaliste classique, provoquant des inquiétudes parmi les décideurs politiques et économiques.
Roland Vittot, alors âgé de 40 ans, a été au cœur de cette lutte, mettant en avant un syndicalisme plus politique et structuré. Avec Charles Piaget, il a œuvré pour défendre les droits des travailleurs, passant d’une approche centrée sur l’aide alimentaire à une mobilisation pour des conditions de travail dignes.
Conséquences et Héritage
La grève de LIP a marqué une période charnière dans l’histoire sociale et économique française. Elle a mis en lumière les tensions entre les travailleurs et les employeurs, tout en proposant un modèle d’autogestion qui a inspiré d’autres mouvements. Cependant, malgré la mobilisation, LIP a finalement été liquidée en 1977, laissant un héritage complexe.
Ce témoignage de Roland Vittot et Gérard Magnin, transmis au Musée du Temps de Besançon, rappelle l’importance de cette lutte pour les droits des travailleurs et l’autogestion dans l’industrie.
Source : France Télévisions





