Les familles de victimes, dont un Nogentais, du crash Egyptair, dénoncent une enquête bâclée

Les familles de victimes du crash d’Egyptair dénoncent une enquête bâclée

Le vol MS 804, reliant Paris au Caire, s’est abîmé en mer Méditerranée le 19 mai 2016, entre la Crète et la côte nord de l’Égypte. Les 66 personnes à bord, dont 40 Égyptiens et 15 Français, ont péri.

Près d’une décennie plus tard, le 7 avril dernier, le parquet a demandé un non-lieu général, expliquant que l’enquête n’a « pas permis de caractériser d’autres fautes que celles » des membres d’équipage, tous décédés, selon une source proche du dossier.

Les juges d’instruction doivent désormais décider s’ils prononcent un non-lieu ou acceptent les demandes des parties civiles qui réclament des investigations complémentaires. Elles souhaitent également la mise en examen de la compagnie égyptienne pour s’expliquer sur la maintenance de l’appareil, effectuée quelques jours avant le crash.

« L’instruction aurait peut-être dû s’inquiéter des consignes »

Me Sébastien Busy, avocat de nombreuses familles et de la Fenvac, principale association de victimes, a déclaré : « Envisager un non-lieu aujourd’hui, c’est envisager un déni de justice, alors que les parties civiles ont plusieurs demandes en attente devant la chambre de l’instruction. » Il a souligné que l’instruction aurait dû s’intéresser aux consignes permettant de fumer dans le cockpit et d’y diffuser de la musique en continu.

La famille de Clément Cormary Daeschner, l’une des victimes, a également exprimé son souhait que la justice poursuive les investigations nécessaires pour établir la vérité de manière complète.

« L’engagement intempestif » d’un bouton d’urgence par le copilote

Le parquet, dans son réquisitoire définitif, estime que l’accident résulte d’un incendie causé par une fuite d’oxygène provenant du boîtier de rangement du masque à oxygène du pilote et d’une « source de chaleur inconnue » dans le cockpit. Cette fuite d’oxygène, considérée comme fatale, serait due à « l’engagement intempestif » d’un bouton d’urgence par le copilote.

L’incendie, décrit comme violent, n’a laissé aucune chance aux passagers ni à l’équipage. Le parquet a précisé que cela s’est produit dans un contexte de musique de fond et avec une attitude jugée peu professionnelle par des experts.

« Défaillance d’un composant ? »

Les familles de victimes expriment un « sentiment d’une justice bâclée et d’être abandonnées » après une décennie de procédures. Elles dénoncent des « conclusions tronquées incompatibles avec les données factuelles » de l’enregistreur de vol, en contradiction avec celles du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA).

Le BEA, dans ses conclusions de 2023, n’exclut pas une « défaillance d’un composant », une partie du matériel ayant été changée quelques vols auparavant. Les familles se disent indignées par le manque de sérieux de l’enquête et refusent qu’un non-lieu soit envisagé tant que toutes les investigations n’ont pas été menées.

Elles dénoncent également une « victimisation secondaire » après avoir enduré une décennie de procédures judiciaires, parfois chaotiques, et mentionnent des difficultés de coopération avec les autorités égyptiennes.

Un Nogentais parmi les victimes

Parmi les 66 victimes, se trouvait Pierre Heslouin, un acteur associatif de Nogent-sur-Marne, qui était en voyage avec son fils Quentin. Agé de 75 ans, il avait été impliqué dans la vie locale pendant de nombreuses années. Son épouse, Edith, ancienne élue municipale, était décédée en 2015.

Les familles de victimes continuent de réclamer justice, espérant que la vérité sur les circonstances du tragique accident sera enfin établie.

Source : AFP

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