Femmes - Hommes : des choix d’orientation professionnelle qui restent très genrés - France Travail

Femmes – Hommes : des choix d’orientation professionnelle qui restent très genrés

Les femmes inscrites à France Travail, bien que de plus en plus diplômées, rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi par rapport à leurs homologues masculins. Fin 2025, 48,2 % des personnes enregistrées au sein de cette institution sont des femmes, un chiffre stable depuis quatre ans. Parmi ces femmes, 54,4 % ont eu une activité professionnelle le mois précédent, contre 45,6 % pour les hommes.

Concernant les niveaux de diplôme, 58 % des demandeuses d’emploi ont un diplôme supérieur à Bac + 2, marquant une augmentation de 4 % depuis 1996. Toutefois, les hommes bénéficient d’un retour à l’emploi plus rapide, favorisé par un accès plus important à des contrats courts, à l’intérim, ainsi qu’à l’auto-entrepreneuriat. Les statistiques révèlent que 50,4 % des hommes retrouvent un emploi après six mois, contre 44,8 % pour les femmes. Après 18 mois, ces chiffres s’élèvent à 69 % pour les hommes et 64 % pour les femmes. En ce qui concerne un retour à un emploi salarié durable, 21,7 % des hommes et 19,8 % des femmes y parviennent après six mois.

Les choix d’orientation professionnelle des femmes restent majoritairement dirigés vers des secteurs dits « féminins ». En effet, 63 % des femmes inscrites à France Travail cherchent des emplois dans des domaines où elles sont déjà surreprésentées. Parmi ces secteurs, 25 % se dirigent vers les services à la personne, 15 % vers le support à l’entreprise, et 11 % vers le commerce et la vente. À l’inverse, seulement 8 % des femmes aspirent à des métiers où les hommes sont surreprésentés, comme la construction ou l’industrie.

Au cours des douze derniers mois, les secteurs où les femmes ont le moins postulé incluent le BTP, avec seulement 3,2 % de candidatures, les transports terrestres à 15 %, et la sécurité privée à 22,1 %. Ce phénomène, désigné sous le terme « effet frontière », se manifeste lorsque plus de 60 % d’un effectif est exclusivement masculin ou féminin.

Cette dynamique se retrouve également dans les choix de formation. Les trois formations les plus suivies par les femmes incluent le développement professionnel et personnel (21,5 %), les services de commerce de proximité (8,4 %), et les langues (8,1 %). En revanche, les hommes privilégient des formations en transport (21,7 %), manutention (13,4 %), et prévention sécurité (5,9 %).

Pour remédier à cette situation, France Travail, en collaboration avec ses partenaires, s’engage à lever les obstacles à l’accès des femmes aux métiers traditionnellement masculins. Un accord-cadre national signé avec l’État en 2013 vise à promouvoir la mixité dans les métiers, à lutter contre les stéréotypes de genre, et à faciliter le retour à l’emploi des femmes.

Des actions régionales sont également mises en place pour encourager les femmes à s’orienter vers des métiers moins féminisés, avec des événements comme Sékurit’Elles en Île-de-France ou BAT’IM Femmes dans les Hauts-de-France. De plus, le projet FEMA, en partenariat avec Social Builder, ambitionne d’accompagner 15 000 demandeuses d’emploi vers des métiers du numérique d’ici 2029.

Sources :
Insee, DARES
France Travail, “Les femmes demandeuses d’emploi inscrites à France Travail en 2025”
Ministère du Travail, “Index de l’égalité professionnelle 2025”

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