“Coupeurs de routes” : en Guinée, des agents de l’État rançonnent les automobilistes

Coupeurs de routes en Guinée : agents de l’État à l’origine de rançonnement

Jusque-là, le principal calvaire des usagers de l’axe Mamou-Labé, long de 135 kilomètres, était le piteux état de la route. Désormais, aux nids d’éléphant, à la poussière et aux multiples embouteillages, s’ajoutent des patrouilles mixtes déployées le long de la zone. Ces unités, censées lutter contre le phénomène des coupeurs de routes et sécuriser les usagers, semblent plutôt se transformer en agents de rançonnement.

Les agents, majoritairement en uniforme de gendarmerie, règnent en maître sur les check-points, négligeant le contenu des véhicules qu’ils sont censés contrôler. De Kindia à Labé, une unité de ces patrouilles est installée dans chaque ville traversée, et elles ne manquent aucune occasion pour soutirer de l’argent aux usagers, les montants variant selon les situations.

Entre Kindia et Mamou, les gendarmes semblent moins agressifs, se préoccupant principalement du montant de la rançon. À Mamou, le même schéma se répète, avec des agents qui empochent rapidement les sommes exigées, tout en feignant de ne rien avoir reçu.

À Bourouwal-Tappè, près de Pita, les agents se montrent particulièrement hargneux, rackettant les voyageurs au petit matin. Un conducteur a rapporté qu’il a dû payer 400 000 GNF (environ 40 euros) pour un défaut de contrôle technique, une somme jugée exorbitante par les chauffeurs.

Les conditions de circulation demeurent chaotiques, avec des routes en état de délabrement avancé. Les travaux de reconstruction de la route nationale n° 5, lancés en novembre 2025, peinent à démarrer, ne progressant qu’au stade du terrassement après cinq mois. Entre Mamou et Dalaba, la route est presque impraticable, avec peu de traces de goudron et des déviations dangereuses.

Si ces pratiques de rançonnement persistent, la situation pourrait devenir encore plus précaire, notamment avec la saison des pluies à venir, qui risque d’aggraver l’état des infrastructures routières et d’isoler davantage certaines régions comme le Fouta-Djalon.

Source : Focus International.

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