Commotions cérébrales au rugby : pour le neurochirurgien David Brauge le vrai risque c'est quand on reprend trop vite

Commotions cérébrales au rugby : le neurochirurgien David Brauge alerte sur les risques d’une reprise trop rapide

Longtemps sous-estimées, les commotions cérébrales sont aujourd’hui au cœur des préoccupations du rugby. Détection, prévention, arrêt de carrière : le neurochirurgien David Brauge éclaire les enjeux médicaux et humains d’un risque mieux connu, mais encore mal compris.

Les commotions cérébrales ne sont pas un phénomène récent. Elles sont décrites depuis plus de 2 000 ans dans la médecine antique. Toutefois, leur prise en compte sérieuse dans le sport de haut niveau est relativement récente. « Pendant des siècles, cette blessure a été négligée, parce qu’elle guérit vite et complètement dans la majorité des cas », souligne David Brauge, neurochirurgien à la clinique des Cèdres (Ramsay Santé), chercheur associé à l’Inserm et médecin expert auprès de la Fédération française de rugby.

Si les commotions semblent aujourd’hui plus fréquentes chez les rugbymen professionnels, cette perception est trompeuse. « On ne peut pas comparer avec avant, car on n’avait pas les outils. Ce que l’on voit surtout, c’est qu’on les détecte mieux », explique-t-il. Le rugby professionnel a intégré des moyens inédits tels que des vidéos de bord de terrain, des protège-dents connectés et la présence de médecins indépendants. La France a joué un rôle moteur dans cette évolution, en permettant une réévaluation des joueurs par des spécialistes indépendants dans les jours qui suivent une blessure.

Quand et comment décide-t-on d’arrêter une carrière ?

La question de l’arrêt de carrière est l’un des aspects les plus sensibles dans la gestion des commotions cérébrales. Pour Brauge, certaines situations ne laissent pas place au doute. « Quand les symptômes persistent malgré plusieurs semaines ou mois de repos et de traitement, on sait que le cerveau n’est plus apte à encaisser les contraintes d’un sport de contact. » De plus, il observe un phénomène de vulnérabilité chez certains joueurs, où les commotions surviennent pour des impacts de plus en plus faibles, indiquant une baisse du seuil de tolérance aux chocs. Dans ces cas, il peut être nécessaire d’interdire la reprise du rugby, même en l’absence de symptômes.

Chaque dossier est étudié au cas par cas, en concertation avec le joueur, sa famille et à la lumière d’examens spécialisés. « Il n’y a pas de chiffre magique. C’est une décision médicale mais aussi humaine », conclut Brauge.

Protège-dents : une obligation qui s’étend au rugby amateur

Dans la prévention des commotions cérébrales, le protège-dents est désormais unanimement reconnu comme un outil essentiel. « C’est aujourd’hui le seul moyen de prévention réellement documenté », affirme Brauge. Des études, notamment en hockey sur glace, montrent une baisse d’environ un tiers du risque de commotion chez les sportifs qui en portent. En conséquence, la Fédération française de rugby a décidé de rendre le protège-dents obligatoire pour tous les joueurs, y compris les amateurs, à partir de l’année prochaine.

Pour les jeunes, comme pour les professionnels, le message est clair : « La commotion cérébrale n’est pas grave en soi. Ce qui est grave, c’est de reprendre trop tôt », insiste David Brauge. Au moindre doute, il est recommandé de sortir immédiatement du terrain et de reprendre uniquement lorsque tous les symptômes ont disparu. Cette règle simple est essentielle pour protéger le cerveau et l’avenir des joueurs.

Source : Clinique des Cèdres (Ramsay Santé)

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