
Prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine validé, nouvelles sanctions contre la Russie
L’Union européenne a validé un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, mettant fin à plusieurs mois de blocage dû à des objections de la Hongrie. Cette décision sera célébrée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’un sommet européen qui se tiendra à Chypre ce jeudi soir. En parallèle, les dirigeants européens ont approuvé un 20e paquet de sanctions contre la Russie, renforçant la pression sur son économie de guerre. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré : « Nous arrivons à Chypre avec de bonnes nouvelles. Alors que la Russie redouble d’agressivité, l’Europe accentue son soutien à l’Ukraine. »
Dans l’avion en direction de Nicosie, Zelensky a exprimé son espoir de recevoir un premier versement européen « d’ici fin mai – début juin », destiné à renforcer l’armée ukrainienne et à soutenir la production nationale d’armes. Sa présence à Chypre est jugée symboliquement importante, alors que le financement de l’UE est désormais débloqué pour soutenir l’Ukraine en 2026 et 2027.
La levée du veto hongrois a été facilitée par la reprise de la livraison de pétrole russe à Budapest via un oléoduc traversant l’Ukraine. Ce développement a soulagé les responsables de l’UE, qui avaient exprimé leur frustration face à l’attitude de Viktor Orban lors du précédent sommet à Bruxelles. Orban, récemment battu aux élections par Peter Magyar, ne sera pas présent à ce sommet.
La réunion des dirigeants de l’UE à Chypre n’appellera pas à des décisions majeures, mais se concentrera également sur la guerre au Moyen-Orient. Les chefs d’État et de gouvernement européens rencontreront plusieurs dirigeants de la région, notamment ceux du Liban, d’Égypte, de Syrie et de Jordanie.
Malgré des leviers limités, les Européens souhaitent discuter des situations au Liban et des pourparlers entre Israël et le Liban. La réunion à Chypre revêt une dimension symbolique, car des bases de l’OTAN y ont été ciblées par des drones iraniens au début du conflit.
Sur le plan économique, le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a eu des conséquences lourdes sur l’économie européenne, entraînant une augmentation de 24 milliards d’euros de la facture pour l’approvisionnement en pétrole et en gaz au cours des sept dernières semaines. L’UE surveille également une potentielle pénurie de kérosène et a recommandé aux États membres d’accélérer l’électrification du continent.
Cependant, aucune annonce majeure n’a été faite lors de cette réunion, les finances de l’UE et des États membres, notamment la France, étant en difficulté. Les discussions sur le futur budget européen, qui s’élèvera à environ 2 000 milliards d’euros pour la période 2028-2034, sont attendues, avec des négociations difficiles entre Paris et Berlin.
Les responsables de l’UE espèrent parvenir à un accord sur le futur budget d’ici la fin de l’année, redoutant une paralysie politique en 2027, marquée par des élections législatives dans plusieurs États membres.
Source : Vosges Matin.






