Les gares « moyennes » en sursis : « Pour la SNCF, un tiers de ses liaisons TGV sont déficitaires »

Les gares « moyennes » en sursis : un tiers des liaisons TGV déficitaires

La SNCF a récemment révélé que parmi les 230 gares TGV en France, environ un tiers de ses liaisons sont déficitaires. Ces gares, situées sur des lignes à grande vitesse, des lignes nouvelles ou à l’extrémité de certaines lignes, comme Hendaye ou Arcachon, se retrouvent dans une situation financière préoccupante. En effet, la SNCF évalue qu’un autre tiers des dessertes est à l’équilibre, tandis qu’un tiers est rentable.

L’Autorité de régulation des transports (ART) conteste cette analyse, affirmant qu’il n’y a pas autant de liaisons en difficulté. Un audit est en cours pour vérifier ces chiffres, et un rapport sera soumis à l’Assemblée nationale en juillet, avant l’examen de la loi-cadre sur les transports. Cette mission a été mandatée par les ministères de l’Économie, des Transports et des Comptes publics.

L’ouverture à la concurrence sur le marché ferroviaire, avec l’arrivée de nouveaux opérateurs tels que Velvet, Trenitalia et Renfe, soulève des interrogations quant à la pérennité des dessertes dans les gares d’aménagement du territoire. Dans le Sud-Ouest, des gares comme Libourne, Agen, Dax, Pau, Tarbes et Lourdes sont particulièrement surveillées. Ces arrêts, bien que considérés comme un service public, ne sont pas forcément rentables.

Le développement des rames à deux étages a également entraîné une diminution du nombre d’arrêts dans certaines gares, comme à Angoulême, où des horaires stratégiques ont été supprimés. Les usagers se retrouvent donc avec moins de créneaux disponibles.

Pour rendre ces gares plus attractives, plusieurs options sont envisagées. Il serait possible de baisser les péages ou d’augmenter le prix des billets pour équilibrer les finances. Une autre solution serait de demander à l’État de subventionner certaines liaisons déficitaires, bien que cela semble difficile dans le contexte actuel de la dette publique. Un modèle innovant a été lancé par la région Bretagne, qui subventionne les TGV dès qu’ils quittent la ligne à grande vitesse pour desservir des villes après Rennes.

Les régions, qui investissent massivement dans la réfection des lignes et l’achat de rames, estiment mériter des contreparties, surtout après avoir contribué à la construction de nouvelles lignes à grande vitesse, comme celle reliant Tours à Bordeaux.

Le projet de ligne à grande vitesse du Sud-Ouest, qui prévoit la construction de nouvelles gares à Agen, Montauban et Mont-de-Marsan, pose également la question de la viabilité de ces investissements sans garantie d’arrêts TGV.

Source : Sud Ouest.

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