
Attentat de Bondi : La police australienne alertée sur le risque d’attaque antisémite
Une organisation juive australienne avait averti la police du risque d’attaque terroriste peu avant l’attentat antisémite survenu en décembre sur la plage de Bondi. Cette information a été révélée par la commission d’enquête sur le drame, le jeudi 30 avril. Naveed Akram et son père, Sajid Akram, tué par la police lors de l’attaque, sont accusés d’avoir ouvert le feu pendant une dizaine de minutes le dimanche 14 décembre, ciblant une foule rassemblée pour célébrer la fête juive de Hanouka, faisant 15 morts.
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Dans un e-mail envoyé moins d’une semaine avant la tuerie, le Community Security Group (CSG) avait écrit : « Un attentat terroriste contre la communauté juive de Nouvelle-Galles du Sud est probable et le niveau d’incitation à la haine antisémite est élevé. »
Inspiré par l’idéologie de l’État islamique
À l’époque, la police avait répondu qu’elle n’était pas en mesure de mobiliser des agents dédiés en permanence, proposant plutôt l’envoi de patrouilles mobiles pour « passer et surveiller l’événement ». Cet échange a été mis en lumière lors de la publication des conclusions préliminaires de la commission présidée par la juge à la retraite Virginia Bell. Ce rapport intervient alors que le gouvernement fait face à des critiques pour avoir laissé prospérer l’antisémitisme depuis le début de la guerre entre Israël et Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Sous pression, le gouvernement a convoqué en janvier une commission publique de haut niveau. Naveed Akram a été inculpé de terrorisme et de 15 meurtres, pour l’attaque la plus meurtrière en Australie depuis trois décennies. Il a comparu pour la première fois mi-février, durant environ cinq minutes par liaison vidéo depuis sa prison.
Selon les autorités, l’attentat était inspiré par l’idéologie du groupe jihadiste État islamique (EI), mais les Akram n’ont pas reçu d’aide extérieure et ne faisaient pas partie d’une organisation terroriste. Naveed Akram avait été l’objet d’une enquête du renseignement australien en 2019 pour ses liens avec le groupe EI.
Préconisations
La commission royale d’enquête a également recommandé une refonte des unités de lutte contre le terrorisme, en insistant sur les structures de commandement, l’intégration des équipes, l’accès aux systèmes et le partage d’informations. La police devrait envisager de renforcer les dispositifs de sécurité lors des célébrations juives « présentant une dimension publique ». Après le drame, le Parlement a durci sa législation sur les crimes motivés par la haine et les armes à feu.
Les familles des victimes ont écrit une lettre au Premier ministre Anthony Albanese, demandant « des réponses » et une enquête de niveau fédéral sur les événements.
Source : Commission d’enquête sur l’attentat de Bondi.


