Une poissonnerie bretonne ouverte le 1er mai malgré l’interdiction
La « Poissonnerie Chistrel » à Cherrueix (Ille-et-Vilaine), située dans la baie du Mont-Saint-Michel, a décidé d’ouvrir ses portes le 1er mai, bien que la législation n’autorise pas les métiers de bouche à faire travailler leurs salariés ce jour-là, à l’exception des boulangeries et fleuristes.
Cindy Chistrel, la propriétaire, se prépare à gérer seule la boutique pour cette journée. « Ça va me demander une bonne heure de préparation en plus », a-t-elle déclaré. En effet, sa seule salariée ne pourra pas venir travailler, conformément à la loi. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a récemment annoncé que les boulangeries et fleuristes indépendants peuvent ouvrir le 1er mai sur la base du volontariat, avec une rémunération doublée.
Cindy s’attend à une journée chargée, de 9h à 19h, où elle devra non seulement vendre du poisson, mais aussi assurer le service sur la terrasse de son établissement, qui peut accueillir jusqu’à 25 couverts. « C’est un vendredi, le jour du poisson, et un grand week-end avec les Parisiens qui sont encore en vacances », a-t-elle expliqué. Elle espère que les clients seront compréhensifs face à sa situation.
Pour Christelle, sa salariée, travailler ce jour-là aurait été bénéfique. « J’aurais aimé travailler, déjà parce que j’aime ça, mais surtout parce qu’il y a la double paie, » a-t-elle affirmé. Christelle, qui habite à Saint-James (Manche), doit parcourir 70 km chaque jour pour se rendre à son travail. Elle a vu son budget essence doubler, passant de 100 à 200 euros, ce qui accentue la pression économique sur elle.
Cindy partage également ces préoccupations économiques. Elle ne comprend pas pourquoi le gouvernement exclut les autres commerces de la dérogation accordée aux boulangeries et fleuristes. « La conjoncture est la même pour tout le monde. Nous vendons un produit cher, et nous constatons que les gens consomment moins, » a-t-elle déclaré. L’ouverture de sa poissonnerie ce jour-là est cruciale, car un week-end de trois jours avec des touristes représente 70 % de son chiffre d’affaires hebdomadaire.
Cindy appelle à un changement des mentalités concernant le 1er mai, suggérant que le travail ce jour-là devrait être basé sur le volontariat. « Nous, les poissonniers, travaillons avec des denrées périssables. En fin de semaine, nous ne pouvons pas nous permettre de fermer. Que ceux qui veulent travailler puissent le faire, » a-t-elle conclu.
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