
Le Moyen-Orient plombe les résultats d’Hermès
Le géant français du luxe Hermès a enregistré une chute significative de son action à la Bourse de Paris, ce mercredi, après avoir publié des résultats trimestriels inférieurs aux attentes, en grande partie en raison des impacts du conflit au Moyen-Orient sur son activité. L’action a plongé de près de 13 % en matinée, tandis que le marché parisien affichait une baisse plus modérée.
Pour le premier trimestre 2026, Hermès a annoncé un chiffre d’affaires de 4,07 milliards d’euros, en léger recul par rapport aux 4,13 milliards d’euros de l’année précédente. Bien que le groupe ait affiché une progression de 5,6 % à taux de change constants, cela n’a pas suffi à rassurer les analystes qui anticipaient des revenus plus élevés.
L’une des principales raisons de cette baisse réside dans le ralentissement de l’activité au Moyen-Orient, qui représente environ 4 % du chiffre d’affaires global de l’entreprise. Ce mois de mars a marqué un net coup d’arrêt pour Hermès, avec des pertes de chiffre d’affaires dans certaines boutiques ouvertes atteignant entre 20 et 30 %, une situation préoccupante pour une région historiquement porteuse pour le luxe.
Le contexte géopolitique a également perturbé les flux touristiques internationaux, essentiels pour les marques de luxe. En France, Hermès a vu ses ventes diminuer de 3 % au trimestre, en raison d’une baisse de la fréquentation touristique. D’autres marchés, comme Singapour et la Thaïlande, ont également souffert des perturbations du trafic aérien mondial.
Malgré ces difficultés, certaines régions ont permis de compenser partiellement ces contre-performances. Le continent américain a enregistré une hausse de 17 % des ventes à taux de change constants, avec des performances particulièrement solides aux États-Unis, au Canada et en Amérique du Sud. Le Japon a également montré une résistance, avec une progression de 10 %.
La division maroquinerie-sellerie, cœur d’activité d’Hermès, a continué de performer, enregistrant une croissance de 9 % à taux constants. Malgré la déception des marchés, Hermès reste optimiste pour l’avenir, affirmant ses ambitions de croissance à moyen terme.
Cette situation met en lumière la vulnérabilité croissante des grandes maisons de luxe face aux tensions internationales, un secteur qui, bien que traditionnellement considéré comme résilient, ne peut plus ignorer les impacts des crises géopolitiques.
Source : Hermès.




