Se faire entendre mais aussi être à l’écoute : la complexe gageure d’une jeune mère sourde dans le film « Sorda »
Sélectionné au Cinemed 2025 et triplement récompensé aux Goya, le premier long métrage d’Eva Libertad García, Sorda, aborde la surdité au féminin et les défis d’un monde conçu pour les entendants. Ce film met en lumière les préoccupations d’Ángela, une jeune femme sourde, et son compagnon Héctor, entendant, alors qu’ils attendent un enfant.
Le film ne retrace pas directement l’histoire de Miriam Garlo, l’actrice principale, ni celle d’Eva Libertad García, sa réalisatrice. Toutefois, leurs expériences personnelles ont inspiré Sorda. Miriam a partagé ses craintes concernant la maternité dans un monde validiste, ce qui a conduit Eva à explorer les enjeux liés à l’éducation d’un enfant sourd ou entendant.
À travers le quotidien d’Ángela et Héctor, le film illustre leur bonheur et les défis qui surgissent alors que l’accouchement approche. La question cruciale de savoir si leur enfant sera sourd ou entendant soulève des préoccupations sur l’isolement potentiel de l’un des parents.
Dans le monde du silence
Le suspense s’étend au-delà de l’accouchement, une épreuve déjà difficile pour une personne malentendante, qui doit gérer des instructions inaudibles en pleine douleur. Le film, avec une grande précision, nous plonge dans le monde d’Ángela, révélant son « point d’ouïe » à travers un sound design innovant. Ce travail permet de ressentir ses efforts pour s’adapter aux normes auditives, tout en exposant les défis de la maternité.
L’amour, comme le film le suggère, transcende les barrières et les différences, offrant une perspective poignante sur la parentalité. Sorda invite ainsi à une réflexion sur les réalités complexes de la surdité et de la maternité dans un monde souvent sourd aux défis des personnes malentendantes.
Source : Midilibre.fr




