
À l’approche de l’été et des beaux jours, pourquoi s’enfermer dans un musée pour contempler des œuvres d’art quand il est possible d’admirer des expositions et des installations à couper le souffle en plein air dans des cadres aussi variés que surprenants. De la petite île de Naoshima, dans l’ouest du Japon, au parc Ekeberg en Norvège, en passant par le quartier Loop de Chicago aux États-Unis, ou le parcours culturel à Nantes, chacune de ces destinations comblera les amateurs d’art et de tourisme.
Au Japon, accoster sur l’île des arts
Imaginée dès 1985 comme un pôle culturel, Naoshima est une petite île située au cœur de la mer intérieure de Seto, à l’ouest du Japon. Pour s’y rendre, il faut prendre un ferry depuis la ville d’Uno. La traversée, d’une vingtaine de minutes, mène à un circuit exceptionnel mêlant installations en plein air (gratuites) et pavillons d’exposition conçus par l’architecte japonais de renommée mondiale Tadao Ando. Le long du littoral se succèdent ainsi Frog and Cat, de Karel Appel – un chat coloré juché sur une grenouille renversée –, des Nanas de Niki de Saint Phalle – ces silhouettes féminines monumentales aux formes généreuses et aux couleurs vives –, ou encore la célèbre citrouille à pois noirs de Yayoi Kusama, devenue l’un des emblèmes de la destination.
Naoshima.net
En France, suivre la ligne verte

Créé en 2011 dans le but de revaloriser cette ville chargée d’histoire, « Le Voyage à Nantes » (Loire-Atlantique) s’impose comme l’une des premières expositions (accès gratuit) en plein air de France, suivie de « Un été au Havre », « Constellations de Metz », puis d’« Annecy Paysages ». À Nantes, les habitués le surnomment « Le VAN ». Fort d’environ 70 œuvres permanentes, ce parcours à ciel ouvert s’enrichit chaque été d’une quinzaine d’installations temporaires, dont certaines peuvent finir par s’inscrire définitivement dans le patrimoine de la ville. Toutes sont reliées par une ligne verte, marquage au sol qui sert de point de repère aux promeneurs. Parmi les incontournables, on compte « Éloge de la transgression », de Philippe Ramette, sculpture en bronze d’une écolière grimpant sur un socle installée cours Cambronne, ou encore Jungle intérieure, d’Evor, une impressionnante création végétale qui se déploie dans la cour d’un passage privé.
Levoyageanantes.fr
Aux États-Unis, traquer des œuvres entre les gratte-ciel

Il était une fois, en Amérique, un quartier névralgique de Chicago appelé le Loop (« la boucle »). En 1967, le grand Pablo Picasso y fit installer une œuvre de 15 mètres de haut. Communément appelée « The Picasso », celle-ci représente une créature hybride : un cheval ou un monstre. Depuis, l’art public prospère dans le centre où l’on tutoie les grands noms de l’art moderne – un gigantesque stabile rouge d’Alexander Calder, une mosaïque monumentale de Marc Chagall, ou une sculpture en acier, bronze et béton de Joan Miró. À ce cocktail explosif continuent de s’ajouter des installations contemporaines. Millennium Park, l’un des poumons verts de la destination, abrite deux fontaines interactives de Jaume Plensa, où les enfants viennent patauger allègrement l’été, ainsi que « The Bean », cet énorme haricot en miroir où touristes et locaux s’amusent à photographier leur reflet déformé. Un avant-goût de ce qui les attend à l’intérieur de l’Art Institute, musée voisin qui conserve l’une des plus belles collections impressionnistes au monde.
Choosechicago.com
En Norvège, chercher l’inspiration dans un vaste parc

À dix minutes en tramway du centre d’Oslo (lignes 18 ou 19), la colline boisée qui domine à la fois le fjord et le quartier de Bjorvika inspira l’icône nationale Edvard Munch (1863-1944) pour sa célèbre série de tableaux « Le Cri ». C’est ici que fut inauguré en 2013 Ekebergparken, parc de 26 hectares (entrée gratuite) où se côtoient 47 sculptures – dont 31 offertes par l’homme d’affaires norvégien Christian Ringnes. La ville, propriétaire du terrain, continue d’enrichir cet ensemble. Dans la catégorie « art moderne » se détachent plusieurs grandes figures féminines sculptées par Auguste Renoir, Auguste Rodin et Aristide Maillol. Les signatures locales ne manquent pas à l’appel, tel Dyre Vaa, auteur d’une créature mi-femme mi-animal inspirée du folklore nordique. Du côté des contemporains, l’artiste américain James Turrell invite à contempler les variations de la lumière, tandis que la plasticienne serbe Marina Abramovic propose une expérience immersive : le visiteur est invité à crier à pleins poumons dans un cadre métallique planté dans le sol. À votre tour d’exulter !
Ekebergparken.com
En Espagne, se cultiver en pleine nature

À près de trois heures en voiture de Barcelone, non loin du parc naturel des Ports de Tortosa-Beseit, à Matarrana, se cache un joli coin de verdure de 200 hectares, le Solo Sculpture Trail (5 euros, à partir de 18 ans), où se dressent une vingtaine d’œuvres d’art à découvrir au fil d’un sentier. Chacune d’entre elles nourrit une réflexion sur l’environnement et son déclin. Si Five Marble Leaves, de Claudia Comte, cinq feuilles de chêne XXL sculptées en marbre, fusionnent avec la végétation, The Act of Being Together, de José Davila, évoque le passage du temps, tandis que son « Los Limites de lo posible » défie « les limites du possible ». À mi-chemin, on trouve aussi Truth Always Appears as Something Veiled, imposante installation labyrinthique en briques perforées d’Héctor Zamora. Ce lieu, imaginé par la galerie madrilène Albarran Bourdais, a pour vocation de se développer d’année en année.
Solo-houses.com





