Bienvenue à Próspera : la ville où les milliardaires font la loi et défient la démocratie. Un territoire privé qui attire les investisseurs américains en quête de liberté

Bienvenue à Próspera : la ville où les milliardaires font la loi et défient la démocratie

Próspera, une enclave privée sur l’île de Roatán au Honduras, incarne un modèle controversé de gouvernance où les intérêts des investisseurs américains semblent primer sur les principes démocratiques. Établie en 2021, cette « charter city » est administrée par une entreprise américaine, Honduras Próspera Inc., et attire des figures de la Silicon Valley telles que Peter Thiel et Marc Andreessen. Dans cet espace, le Bitcoin est la seule monnaie légale, et les impôts sur le revenu sont plafonnés à 5 %.

Contexte factuel

Roatán, une île des Caraïbes, est connue pour ses paysages idylliques et a été annexée au Honduras en 1860. Au début des années 2000, le tourisme de masse a commencé à y prospérer. Próspera a été créée sous un régime d’autonomie administrative, fiscale et juridique qui lui permet de fonctionner presque indépendamment du Honduras. Cette enclave est perçue comme un laboratoire pour des idéologies libertariennes, rejetant les régulations étatiques et favorisant un cadre juridique dicté par ses investisseurs.

L’histoire de Próspera remonte à 2017, lorsque l’entrepreneur Erick Brimen a signé un accord avec le gouvernement hondurien pour établir cette zone économique. Son développement a été facilité par des changements juridiques controversés survenus après un coup d’État militaire en 2009, qui a renversé le président élu Manuel Zelaya.

Données ou statistiques

En 2022, le Congrès hondurien a voté à l’unanimité l’abrogation des Zones d’Emploi et de Développement Économique (ZEDE), mais Próspera a réagi en déposant une plainte de 10,7 milliards de dollars devant le tribunal arbitral de la Banque mondiale, représentant un tiers du PIB du pays. En parallèle, des efforts de lobbying à Washington ont été mis en œuvre pour obtenir des sanctions contre des responsables honduriens.

Conséquence directe

La situation actuelle de Próspera soulève des questions sur la souveraineté du Honduras et l’impact de l’influence des investisseurs étrangers sur la démocratie locale. L’enclave semble fonctionner comme un espace où les droits des citoyens honduriens sont largement ignorés, tandis que les bénéfices économiques sont concentrés entre les mains d’une élite.

Source principale : Presse-citron

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