
La ville est trop petite pour deux beaux gosses : un cadre licencié pour un mail mal interprété
Le tribunal a condamné une entreprise de transport routier à verser plus de 283 000 euros à un ancien cadre, suite à une interprétation erronée d’un email humoristique envoyé par ce dernier à ses collègues.
Le 4 décembre 2020, ce directeur des opérations, après 14 ans de service, a adressé un message léger à son équipe, évoquant son départ imminent de manière ironique. La direction a interprété ce mail comme une démission formelle, entraînant le licenciement du salarié sans qu’aucune lettre de démission n’ait été remise.
Entré dans l’entreprise en 2006 en tant que conducteur routier, l’homme a rapidement gravi les échelons. À partir de 2018, il a travaillé officiellement 44 heures par semaine, souvent bien plus. Dans un contexte de tensions internes, il avait exprimé son souhait de réfléchir à son avenir professionnel. Cependant, aucune démission écrite n’a été enregistrée.
Le 3 décembre, lors d’une réunion, la direction a annoncé son départ. Le lendemain, le mail humoristique a été envoyé, mais il ne contenait pas le terme « démission ». Le 11 décembre, alors qu’il était en arrêt maladie, l’employeur a considéré qu’il avait quitté l’entreprise, sans lui en faire confirmation.
La cour d’appel a jugé que la démission doit être claire et non équivoque. Le message du salarié n’indiquait pas une volonté de démissionner. De plus, la cour a reconnu des centaines d’heures supplémentaires non payées, entraînant des rappels de salaires et d’autres indemnités.
Finalement, le tribunal a statué qu’il s’agissait d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, et a ordonné le versement d’une indemnité globale dépassant les 283 000 euros.
Source : Le Figaro






