
Surveillance accrue et régulation des rongeurs au parc de la Tête d’Or
À Lyon, un cas humain d’hantavirus avait été détecté il y a deux ans : une infection par le virus Séoul, fièvre hémorragique à syndrome rénal. Une étude avait montré que des rats présents au parc de la Tête d’Or étaient porteurs du virus. Un expert relativise mais alerte sur l’impérative régulation des rongeurs, notamment dans ces espaces très fréquentés.
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Densité de rongeurs
« L’heure n’est pas à l’éradication de ces rongeurs, mais au contrôle de ces rongeurs », déclare Romain Lasseur, docteur en toxicologie animale et spécialiste des espèces invasives. Selon lui, un problème sanitaire « potentiel » est étroitement lié à la densité de rongeurs. « On ignore combien il y a de rats. On n’a pas d’observatoire du nombre de rongeurs présents, à Lyon ou à Paris. On parle de 2 à 4 rongeurs par habitant, mais ce chiffre reste incertain. Ce qui est certain, c’est qu’il faut une surveillance accrue dans les zones où les contacts entre ces rongeurs et la population sont fréquents, comme dans des aires ludiques telles que le parc de la Tête d’Or », souligne-t-il.
Risques sanitaires
La souche Séoul de l’hantavirus n’est pas la seule préoccupation. D’après une étude réalisée à Lyon entre 2020 et 2022, des rats sont également porteurs de la leptospirose, une maladie bactérienne dont la mortalité peut atteindre 20 % dans certains cas. « Plus on a de rongeurs sur une zone, plus on a de chances que ce virus soit présent chez plusieurs rongeurs. Une étude a montré qu’on avait un taux de rongeurs porteurs au-delà de 15 % pour l’hantavirus de souche Séoul, et plus de 20 % pour la leptospirose », précise Romain Lasseur.
Surveiller et réguler
Pour le chercheur, l’hantavirus détecté à Lyon ne doit pas « masquer une réalité sanitaire » et un « impact de santé publique permanent lié à la quantité de rats présents au parc de la Tête d’Or ». Il insiste sur la nécessité d’agir, notamment par la régulation de la population de rats. « Régulons ces rongeurs. Ils font partie de la ville, mais une forte densité dans des zones à fortes interactions n’est pas normale », affirme-t-il.
La régulation peut passer par des pièges ou des produits chimiques, mais elle doit également inclure une gestion de la disponibilité alimentaire dans l’espace public. « La régulation serait inefficace si les rongeurs trouvent de la nourriture en quantité suffisante », ajoute Lasseur, qui appelle également à des gestes citoyens pour réduire les déchets alimentaires.
Conclusion
L’expert se veut rassurant : « Les hantavirus sont souvent présents dans les rongeurs. La souche de Séoul est connue et relativement spécifique du rat d’égout. » Bien que des cas isolés aient été signalés, « la situation avec les hantavirus n’est pas alarmante, mais elle doit être surveillée », conclut Romain Lasseur.
Source : France 3 Régions




