
Superprofits de TotalEnergies : est-il vraiment possible de taxer les bénéfices exceptionnels des pétroliers ?
Le débat sur la taxation des bénéfices exceptionnels réalisés par les multinationales du pétrole, notamment dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, est loin de s’éteindre. À gauche, l’idée d’une nouvelle taxe sur les superprofits est largement soutenue, ayant donné lieu à une proposition de loi soumise à l’Assemblée nationale par les socialistes et les écologistes. En revanche, le reste de l’Hémicycle affiche des opinions plus variées.
Au Rassemblement national (RN), Marine Le Pen a qualifié une telle contribution de « normale », tandis que le président du parti, Jordan Bardella, a exprimé des réserves sur l’importance de créer de nouvelles taxes. Le gouvernement, quant à lui, reste prudent ; le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé ne pas voir « d’objection de principe » à une taxation des profits « exceptionnels », sans toutefois soutenir l’appel à une action coordonnée au niveau européen émis par plusieurs pays comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et l’Autriche.
Ce débat transcende les frontières françaises. Selon Oxfam, les six plus grandes entreprises pétrolières, dont TotalEnergies, devraient réaliser en 2026 près de 37 millions d’euros de bénéfices supplémentaires chaque jour par rapport à 2025, en raison de la crise énergétique. Cependant, la question de la pertinence de la taxation des superprofits soulève des interrogations sur la faisabilité technique et les effets réels d’une telle mesure. Bien que théoriquement envisageable, l’imposition des profits exceptionnels des multinationales pétrolières se révèle complexe dans la pratique.
En conclusion, bien que le cadre législatif pour une taxation des superprofits soit discuté, les implications économiques et pratiques demeurent un sujet de débat intense.
Source : Le Monde






