“Mes parents m'ont toujours dit, la guerre, c'est terminé” : loin des livres, ces lycéens confrontent l'Histoire en restaurant les sépultures d'un cimetière

« Mes parents m’ont toujours dit, la guerre, c’est terminé »

Morteau, Doubs – Ce 8 mai, la France commémore le 81e anniversaire de l’Armistice de la Seconde Guerre mondiale. Pour beaucoup de jeunes, ce passé peut sembler lointain. C’est dans ce cadre que des lycéens de Morteau ont participé à une opération de nettoyage d’un cimetière militaire, aux côtés de militaires du régiment de génie de Valdahon.

Les élèves de classe de première du lycée Edgar Faure ont été invités à ce projet par leurs enseignants et le Souvenir Français. Ensemble, ils ont nettoyé les tombes de soldats et les stèles commémoratives. Ce moment a été décrit par Eline, une élève impliquée, comme un moyen essentiel de se rappeler des sacrifices passés : « On ne se rend pas forcément compte des sacrifices faits, et c’est important de garder cette mémoire, de la transmettre, parce qu’en quelque sorte, oublier le passé, c’est le répéter. »

La Seconde Guerre mondiale a causé la mort de plus de 60 millions de personnes, tant militaires que civils. Les politiques d’extermination du régime nazi ont entraîné la mort de plus de 11 millions de personnes, dont 6 millions de Juifs et 25 000 Tziganes.

Nolan, étudiant en droit et membre du Souvenir Français, a partagé ses réflexions sur la guerre actuelle : « Quand je suis né, je pensais qu’on n’aurait plus jamais de guerre. Mes parents m’ont toujours dit, la guerre, c’est terminé. On voit ce qu’il se passe en Ukraine, et les tensions actuelles. Les bruits de bottes sont aux portes de l’Europe. Aujourd’hui, on est acteurs de cette mémoire, et elle est décisive pour ne pas que la guerre revienne sur le territoire français. »

Cette opération de nettoyage a également sensibilisé les jeunes aux événements tragiques qui se sont déroulés à proximité de chez eux. Sur les tombes, des noms d’enfants, comme Rolande et Marcel Szipro, assassinés à Auschwitz à l’âge de 7 et 9 ans, rappellent les horreurs de cette période.

Le 5 mai, ces lycéens ont également participé à une cérémonie anticipée du 8 mai, regroupant 400 élèves. Ils ont emprunté le sentier Michel Aulard, un parcours mémoriel qui honore ceux qui ont aidé les réfugiés durant la guerre. Elise Benoît Lemonnier, professeure de Sciences Économiques et Sociales, a souligné l’importance de cette mémoire : « Ce n’est pas qu’un héritage, c’est une responsabilité. L’engagement n’est pas qu’un concept théorique. »

Cette initiative permet à la jeune génération de ne pas oublier le passé tout en les préparant pour l’avenir. Jean-Michel Blanchot, Président du Souvenir Français du Val de Morteau, a ajouté : « Le rôle d’une classe ‘défense’ est d’apprendre à connaître l’autre au-delà des clichés, et cela va dans les deux sens. »

Source : France 3 Franche-Comté

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