La redistribution diminue de près d’un tiers le taux de pauvreté
En 2023, en France métropolitaine, environ 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui correspond à un revenu disponible inférieur à 1 288 euros par mois pour une personne seule, et à moins de 2 704 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Les 40 % de la population ayant les niveaux de vie les plus bas, qualifiés de « modestes », disposent de moins de 1 919 euros par mois.
Les prestations de solidarité constituent 36 % du revenu disponible des ménages pauvres. Cela inclut 14 % provenant des minima sociaux, 10 % des prestations familiales, 9 % des aides au logement, 3 % de la prime d’activité, et moins de 1 % du contrat d’engagement jeune. La contribution de ces prestations diminue significativement avec l’augmentation du niveau de vie : elles représentent 11 % pour les ménages modestes non pauvres et seulement 2 % pour ceux au-delà du 4e décile.
Les prestations de solidarité, combinées à la fiscalité directe, réduisent le taux de pauvreté de 6,3 points en 2023. Ainsi, 15,4 % de la population métropolitaine est considérée comme pauvre, tandis que ce chiffre pourrait atteindre 21,7 % (soit 13,8 millions de personnes) sans ces aides. Cette redistribution est particulièrement bénéfique pour certains groupes, notamment les familles monoparentales, les familles nombreuses, les jeunes de moins de 20 ans, et les personnes handicapées, qui voient leurs taux de pauvreté respectifs diminuer de 21, 11, 11 et 12 points.
Cependant, malgré cette réduction, ces groupes affichent encore des taux de pauvreté supérieurs à la moyenne nationale. Par exemple, 41 % des familles monoparentales avec au moins deux enfants sont toujours considérées comme pauvres après redistribution. À l’inverse, les retraités et les salariés restent moins touchés par la pauvreté, affichant des taux respectifs de 11 % et 7 %.
La redistribution joue également un rôle clé dans la réduction des inégalités de niveau de vie. En 2023, les 20 % les plus riches ont un niveau de vie en moyenne 4,5 fois supérieur à celui des 20 % les plus pauvres. Ce rapport serait de 8,3 sans les transferts sociaux et fiscaux.
Ces données proviennent de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS) de l’Insee, qui intègre les dernières statistiques de 2023 sur les ménages vivant en logement ordinaire en France métropolitaine.
Source : Insee





