
« Mettre le cachet de l’Assemblée dessus, c’est compliqué » : la commission d’enquête sur l’audiovisuel public bloquera-t-elle le rapport de Charles Alloncle ?
Salle 6634, au deuxième étage de l’Assemblée nationale, les membres de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public examinent depuis le 23 avril un rapport de près de 400 pages rédigé par le député UDR Charles Alloncle. Le cadre de cette consultation est strict : la prise de notes est autorisée, mais aucune captation vidéo ou photographique n’est permise, un administrateur veillant à la sécurité des documents.
Après six mois de travaux et environ 70 auditions, la commission se prépare à se réunir le 27 avril à 14h30 pour décider de la publication de ce rapport, qui contient près de 80 recommandations. Parmi celles-ci, Alloncle propose que le président de la République nomme les dirigeants de l’audiovisuel public, avec l’avis des commissions des affaires culturelles et de l’Arcom, ainsi qu’une réduction d’un tiers du budget des sports de France Télévisions et la fusion de France 2 et France 5.
Dans une interview accordée à JDNews, Alloncle a exprimé ses préoccupations quant aux conflits d’intérêts entre les dirigeants de l’audiovisuel public et certaines sociétés de production privées, qualifiant France Télévisions de « bureaucratie lourde ». Il a averti que refuser de publier le rapport serait un mauvais signal pour la transparence.
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a exprimé son soutien à la publication, malgré des divergences avec Alloncle. Toutefois, des élus commencent à douter de la valeur du rapport, certains le qualifiant de « catastrophique ». Une source parlementaire a décrit le rapport comme une « attaque frontale contre l’audiovisuel public ».
L’issue du vote est incertaine, et des débats houleux sont attendus. Au sein de la commission, le bloc central compte neuf députés, la gauche en a dix, et le reste est réparti entre LR, l’UDR et le RN. Certains élus n’ont pas encore consulté le rapport et attendent de le faire lundi matin.
Si le rapport est rejeté, cela serait exceptionnel, bien que des précédents existent. Un refus de publication entraînerait l’archivage des travaux de la commission, y compris les auditions et documents associés.
La décision de publier le rapport pourrait avoir des conséquences importantes, notamment la possibilité de traduire certaines recommandations en propositions de loi lors de la niche UDR du 25 juin. Tout dépendra de l’issue du vote de lundi.
Source : Franceinfo




