
Le 1er mai doit rester un jour chômé : l’Alliance écologie et sociale s’oppose aux mesures gouvernementales
Le 10 avril, le parti présidentiel Renaissance a déposé une motion de rejet de son propre texte visant à remettre en cause le caractère férié et chômé du 1er mai. Cette démarche a pour but d’accélérer l’adoption de la mesure sans débat ni amendements au sein de l’Assemblée nationale. La motion a été adoptée avec le soutien de l’extrême droite, soulevant des inquiétudes quant à son impact sur le mouvement social.
Face à l’opposition des organisations syndicales, le Premier ministre a annoncé le 17 avril un nouveau projet de loi pour 2027, ainsi que des mesures exceptionnelles concernant le 1er mai 2026. En réaction, l’Alliance écologie et sociale (AES) et d’autres organisations syndicales dénoncent ce passage en force et demandent au gouvernement de renoncer à faire travailler le 1er mai.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large d’attaques visant à augmenter le temps de travail. Le 1er mai, qui est une journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, trouve son origine dans des combats historiques pour la réduction du temps de travail, notamment à Chicago en 1886 et à Fourmies en 1891. En 2025, plusieurs journées de grève avaient permis d’éviter la suppression de deux jours fériés. L’AES continue de revendiquer la réduction du temps de travail et appelle à une mobilisation massive lors des manifestations du 1er mai, en faveur d’une écologie protectrice des classes populaires et des plus précaires.
Le gouvernement prévoit d’attaquer le caractère chômé du 1er mai dans certains secteurs, notamment chez les boulangers et les fleuristes indépendants. Pour le 1er mai 2026, le Premier ministre a donné instruction aux administrations chargées des missions de contrôle de ne pas verbaliser les commerces concernés, ce qui constitue un précédent préoccupant.
Selon le ministre du Travail, toute dérogation ne pourra se faire que sur la base du volontariat des salariés, mais la question se pose de savoir si cela constitue réellement un choix dans un contexte de précarité croissante et de flambée des prix, notamment des carburants.
L’AES souligne que c’est la troisième fois que cette procédure, la motion de rejet préalable d’un texte de loi, est utilisée pour étouffer le débat démocratique sur des textes emblématiques des luttes sociales. Ces manœuvres illustrent un mépris croissant pour le débat démocratique, ciblant particulièrement la société civile organisée.
Les organisations impliquées appellent à une résistance active, en participant massivement aux initiatives du 1er mai pour défendre ce jour chômé.
Source : Alliance écologie et sociale






