

Tahiti, le 28 avril 2026 – L’activité humaine est la première cause de blessure chez les raies mantas dans les îles de la Société. D’année en année, le nombre d’animaux retrouvés avec des marques liées aux activités humaines continue d’augmenter. Rien qu’au mois d’avril, quatre nouveaux cas ont été recensés.
Entre le 2 et le 13 avril, quatre raies mantas nommées Manoa, Hina, Faanui Iti et Vaiahu ont été observées blessées. À Bora Bora, Manoa a été retrouvée prise dans une tresse de pêche enroulée autour du corps. Après une intervention du Bora Diving Center, l’animal a ensuite été revu sans blessure visible. Quelques jours plus tard, Hina, une femelle, portait un hameçon relié à un lest suspendu à la tête. Le dispositif a pu être retiré et la raie a été revue en cette fin du mois d’avril sans matériel résiduel.
Deux autres cas restent toutefois préoccupants. Faanui Iti, observée à Bora Bora, présentait encore un hameçon triple et un leurre fixés à la nageoire pectorale lors d’un second signalement. À Maupiti, Vaiahu portait un fil serré autour de la nageoire gauche, avec un risque de constriction des tissus. Depuis, aucune nouvelle observation n’a été signalée. Pour l’Observatoire des requins et raies de Polynésie (ORP), ces incidents rappellent les conséquences du matériel de pêche perdu ou abandonné sur la faune marine, ainsi que l’importance de signaler rapidement les animaux en difficulté.
“Ces quatre blessures sont intervenues en deux semaines. C’est beaucoup en peu de temps”, déplore Alice Carpentier, de l’ORP. Selon l’Observatoire, 35 % des individus déjà identifiés portent des traces de blessures dues à l’activité humaine. Le constat est préoccupant. “Il n’y a quasiment plus de raies mantas à Tahiti et Moorea”, ajoute-t-elle.
Prudence et vigilance sont donc de mise. “Ce qu’on préconise, c’est de ne pas laisser le cordage sans surveillance”, rappelle Alice Carpentier. “Si le fil est enroulé autour de la raie, elle va mourir très rapidement par manque d’oxygène”, insiste-t-elle, avant de rappeler que ces animaux n’ont aucun moyen de se libérer seuls. La disparition d’un seul individu peut avoir des conséquences lourdes pour l’espèce, puisque la raie manta de récif (Mobula alfredi) est classée vulnérable. Elle risque de disparaître si elle n’est pas protégée. De plus, les femelles ne donnent généralement naissance qu’à un seul petit tous les deux à sept ans. “Si on perd quelques adultes, on peut vite perdre une population”, conclut la biologiste marine.
En savoir plus
• Pour signaler un animal blessé ou en danger, il est possible de contacter Mantas de Polynésie au 87 37 73 84 ou le Réseau des Gardiens de l’Océan au 89 57 14 30. Toute intervention doit être réalisée avec précaution, sans se mettre en danger ni perturber davantage l’animal. “Il faut une approche très douce. Si la raie est en confiance, elle va s’immobiliser et se laisser faire.”
• Dans le cadre du projet Mantas de Polynésie, l’Observatoire des requins et raies de Polynésie recherche également toutes photos ou vidéos de raies mantas. Elles peuvent être envoyées via la page Facebook Mantas de Polynésie ou par mail à mantasdepolynesie@gmail.com.
• Pour mieux reconnaître les raies et requins présents en Polynésie, un livret conçu par l’ORP est disponible en ligne : urlr.me/wm5KvB.



