
L’Arménie, nouvelle « Palestine » des droites françaises ?
La question arménienne semble évoluer, passant d’un sujet traditionnellement soutenu par la gauche à une cause portée avec vigueur par les droites françaises. Avec le 111e anniversaire du génocide de 1915, le 24 avril, et le 8e sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, auquel participera le président français aux côtés de 48 autres chefs d’État, les 4 et 5 mai, cette dynamique pourrait se confirmer.
Historiquement, la droite française a toujours manifesté un intérêt pour la question arménienne. Au XIXe siècle, des figures comme Denys Cochin et Albert de Mun avaient dénoncé les massacres de 250 000 Arméniens par le sultan Abdülhamid II. Cependant, à cette époque, la gauche humaniste était à l’avant-garde de la lutte contre la tyrannie de l’Empire ottoman. Après les massacres de 1894 à 1896, des personnalités comme Émile Zola et Jean Jaurès avaient également défendu cette cause, aboutissant à la reconnaissance du génocide arménien par la France en 1998, sous le gouvernement de Lionel Jospin.
Aujourd’hui, la droite s’affirme comme la principale voix en faveur de l’Arménie. Des figures politiques comme Éric Zemmour et Sarah Knafo, du parti Reconquête, ont effectué un pèlerinage à Erevan en décembre 2021, suivi par d’autres membres des Républicains, tels que Bruno Retailleau et Valérie Pécresse. Même Louis Sarkozy, fils de l’ancien président, a exprimé son soutien, soulignant que l’Arménie a résisté grâce à sa foi et ses traditions face aux menaces des voisins turcs et azerbaïdjanais.
Cette évolution souligne un changement dans la dynamique politique française, où la question arménienne, autrefois consensuelle, devient un enjeu identitaire pour certaines droites.
Source : Le Monde



