
Tensions à l’Inspection du Travail de Grenoble : Entraves dénoncées par les syndicats
A l’appel de syndicats, des salariés se sont rassemblés lundi devant l’inspection du travail à Grenoble, dénonçant des entraves à l’approche du 1er-Mai, sur fond de tensions autour de l’application de la réglementation sur ce jour férié. La préfecture de l’Isère réaffirme pour sa part l’indépendance de ces agents.
Les manifestants ont exprimé leur colère face aux récents débats concernant le travail le 1er mai. Le gouvernement avait envisagé d’autoriser certains commerces à faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat, une proposition finalement abandonnée pour 2026. La mobilisation visait à rappeler la législation en vigueur et à dénoncer des « entraves » à l’action des agents de contrôle.
Un différend est survenu entre les inspecteurs du travail et leur direction au sujet de l’envoi de courriers destinés à rappeler aux employeurs la réglementation en vigueur. Selon Colline Martres-Guguenheim, représentante nationale de SUD Travail Affaires sociales, les agents avaient prévu de mener des contrôles et d’informer les entreprises, comme chaque année. Cependant, la hiérarchie aurait tenté d’empêcher l’organisation de ces contrôles en Isère.
Les syndicats ont demandé à leur direction de transmettre des courriers aux organisations patronales pour rappeler aux employés leurs droits concernant le caractère férié et chômé du 1er-Mai. Faute de réponse, certains inspecteurs ont pris l’initiative d’adresser eux-mêmes des courriers, qui auraient ensuite été bloqués. Colline Martres-Guguenheim a déclaré que ses courriers avaient été récupérés sans qu’elle en soit informée.
Des agents ont tenté d’obtenir des explications auprès de la direction le 22 avril, sans succès. Un inspecteur aurait été sorti physiquement du bureau du directeur adjoint et serait actuellement en arrêt de travail. Les organisations syndicales qualifient la situation de « particulièrement grave » et dénoncent une « entrave aux missions et l’atteinte à l’indépendance de l’inspection du travail ».
La préfecture de l’Isère a contesté la version des syndicats, déclarant que plusieurs agents avaient fait irruption en pleine réunion de la direction, exigeant d’être reçus immédiatement. Les courriers ont finalement été envoyés avec un jour de retard. Colline Martres-Guguenheim exprime des inquiétudes quant aux suites des contrôles, rappelant que, sauf dérogations spécifiques, le 1er-Mai demeure un jour férié et chômé.
La préfecture assure que les agents de l’inspection du travail pourront décider de réaliser des contrôles le 1er mai et doivent pouvoir le faire sereinement. Le gouvernement a également formulé un appel à l’intelligence collective pour que ce jour se déroule de manière apaisée.
Source : France 3 Alpes




