
Pétrole iranien : entre la Chine et les États-Unis, faudra-t-il choisir ?
Retour des tensions commerciales sino-américaines. Pékin a profité de la guerre au Moyen-Orient pour utiliser une arme anti-sanctions économiques américaines qui risque d’avoir un impact sur le commerce mondial. La Chine a pour la première fois, le 2 mai, appliqué une récente loi obligeant les entreprises chinoises à ignorer des sanctions américaines les visant. En vertu d’une mesure adoptée en 2021, connue sous le nom de « loi de blocage des sanctions extraterritoriales », cinq raffineries de pétrole chinoises ont reçu l’ordre de faire comme si elles n’avaient pas été placées sur une liste noire américaine.
Depuis un an, Washington a décidé d’augmenter la pression sur les importations chinoises de pétrole iranien. En mars 2025, les États-Unis avaient déjà sanctionné quatre raffineries chinoises, accusées d’importer du brut iranien. L’administration Trump a récemment ajouté une nouvelle raffinerie à cette liste, Hengli Petrochemical, accusée de financer le « terrorisme » et le programme nucléaire iranien en achetant massivement du pétrole vendu par Téhéran.
Cette fois-ci, Pékin a réagi. La loi de blocage chinoise « oblige les parties liées – comme les banques, les fournisseurs, les assureurs ou les clients – à continuer de faire affaire avec les entités chinoises sanctionnées par les États-Unis », explique Xin Sun, spécialiste de l’économie chinoise au King’s College de Londres.
Cette loi avait été élaborée à la fin du premier mandat de Donald Trump pour renforcer le dispositif permettant à la Chine de répondre aux droits de douane et autres sanctions imposés par le président américain depuis 2018. Pékin a jusqu’à présent évité d’utiliser cette arme, préférant des initiatives plus mesurées. Cependant, le régime chinois a jugé que le moment était venu de passer à la vitesse supérieure, notamment pour protéger les intérêts de Hengli Petrochemical.
Cette société appartient à ce que l’on appelle les « raffineries-théières » chinoises, initialement considérées comme une épine dans le pied des géants pétroliers publics, Sinopec et China National Petroleum. Depuis 2015, ces raffineries ont été autorisées à raffiner et à importer du pétrole, devenant des acteurs clés dans l’achat de pétrole à des pays sensibles comme le Venezuela et l’Iran.
La situation actuelle crée une pression sur les partenaires internationaux de Hengli Petrochemical, qui doivent choisir entre s’aligner sur les sanctions américaines ou risquer des sanctions chinoises. Ce bras de fer sur le commerce de pétrole pourrait également mettre les pays du Golfe dans une position délicate, car ils tentent de maintenir de bonnes relations avec les deux puissances.
En attendant, l’escalade des tensions commerciales est en partie due à la volonté américaine d’exercer une pression maximale sur l’Iran. Les experts s’accordent à dire que la situation pourrait évoluer rapidement, notamment avec une visite de Donald Trump à Pékin prévue les 15 et 16 mai, ce qui pourrait influencer les négociations à venir.
Source : France 24.





