Derrière la porte | Monique* vit un « interdit »

Derrière la porte : Monique, 70 ans, face à un « interdit »

*Monique, 70 ans, mariée depuis 50 ans, vit aujourd’hui une situation qu’elle qualifie d’« interdit ». Ce choix, qui va à l’encontre de ses valeurs, lui apporte pourtant un bien-être inattendu.**

La septuagénaire a accepté de se confier dans un café anonyme en banlieue de Montréal. Personne, pas même ses amis proches, n’est au courant de ce qu’elle traverse. Une seule personne la soutient : « J’ai besoin d’un alibi », explique-t-elle, nerveuse, à peine assise.

« Je suis très nerveuse ! Tout ce qui m’arrive depuis deux ans, ce n’était pas prévu ! Vraiment pas ! […] Il n’y a qu’un mot : interdit… »

Monique, petite et visiblement sportive, affiche un maquillage soigné. Ses yeux, souvent humides, trahissent un mélange d’émotions.

Une sexualité épanouie dans sa jeunesse

Monique se remémore ses débuts amoureux. À 16 ans, elle découvre une sexualité « extraordinaire ». « Une chimie ! […] Un match parfait ! » se souvient-elle. Leur relation dure trois ans, marquée par une passion intense.

« On faisait l’amour trois fois par jour ! Je n’ai jamais retrouvé ça. Ce désir, ce regard, cette complicité. Même avec mon mari… »

Dans sa vingtaine, elle rencontre son mari actuel, un homme qui l’a séduite par son humour. « Il me faisait rire ! C’est un clown ! » Cependant, leur vie intime est loin d’être épanouissante. Monique indique que, bien qu’il soit très attaché, « chimiquement, les phéromones n’ont jamais été là », entraînant une fréquence d’intimité très limitée.

Une vie bouleversée par la maladie

Depuis dix ans, son mari souffre de la maladie de Parkinson, ce qui a profondément affecté leur relation. « Il m’a complètement abandonnée. Il ne me touche plus. Ne me caresse plus ! » Ce changement a été difficile pour Monique, qui confie avoir souvent pleuré.

« Je l’aime encore, mon mari. J’en prends soin. Mais je suis une proche aidante, maintenant… »

Malgré cela, Monique n’a jamais perdu son désir. Elle a même acheté des dildos, pensant que son mari était d’accord avec cela. Elle a tenté de discuter de leur intimité, mais son mari considère que leur situation est « naturelle ».

Une rencontre inattendue

Il y a deux ans, lors de cours qu’elle suit, Monique rencontre un homme qu’elle décrit comme « très beau ». Ce dernier, également proche aidant, partage des expériences similaires. « On se regardait et je ne sais pas ce qui s’est passé, ça a été un match ! »

Ils échangent des regards et, peu après, se retrouvent à prendre un café. Un baiser survient, et Monique se sent revivre, comme si elle retrouvait sa jeunesse.

« C’est comme s’il y avait eu un déclenchement de toutes les phéromones. On dirait que la machine est repartie ! »

Une nouvelle dynamique

Après cette rencontre, Monique souligne qu’il n’y a pas d’attente entre eux, mais un respect mutuel. « Ça me fait revivre ! »

Cette relation, bien que secrète, lui permet de trouver une énergie nouvelle pour affronter son quotidien.

Prénom fictif, pour protéger son anonymat.

Source : La Presse

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