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La rigueur qui fait peur

L’actualité remise en perspective chaque samedi, grâce à l’historien Fabrice d’Almeida.

Publié le 12/10/2024 à 17:28
Temps de lecture : 3 min

La rigueur a longtemps été perçue comme une valeur de droite, symbole de sérieux pour les conservateurs et les libéraux. Historiquement, la gauche était associée aux mesures sociales, représentée par des figures comme Léon Blum et le Front populaire. Chaque fois qu’un gouvernement de gauche était en place, un gouvernement de droite suivait pour rétablir l’équilibre, comme l’illustre Clemenceau ou Poincaré. La fin du Front populaire a également marqué un retour à la rigueur budgétaire.

Au début de la Ve République, cette notion était encore défendue par des figures comme Antoine Pinay, ministre des Finances sous De Gaulle, qui associait rigueur et réussite économique. En 1976, Raymond Barre succède à Jacques Chirac, et les observateurs évoquent une rigueur nécessaire face à la relance de son prédécesseur, soulignant l’importance de remettre de l’ordre dans les comptes.

Cependant, en 1981, les socialistes, sous Pierre Mauroy, commencent à faire basculer ce terme vers la gauche. Mauroy utilise le vocabulaire de la rigueur pour rassurer, malgré des déficits croissants. En 1983, le terme « rigueur » est remplacé par « politique d’austérité », un tournant qui entraîne des grèves et une chute de la popularité de la gauche, marquant une perte aux législatives.

Depuis lors, évoquer la rigueur ou l’austérité semble délicat, avec des figures comme Balladur, Juppé et Valls évitant ces mots. Le retour récent du terme, par Michel Barnier, reflète une croyance persistante selon laquelle un gouvernement de droite pourrait mettre fin aux pratiques dispendieuses d’un président considéré comme cigale. Ce retour au vocabulaire témoigne d’une volonté de revenir à des décisions plus strictes après une période centriste.

Source : Franceinfo

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