« On pense la mobilité comme un accès au travail alors qu’elle est avant tout un accès aux droits »

Accès à la Mobilité : Un Droit Fondamental en Péril

Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement français a annoncé une aide de 50 € destinée aux travailleurs modestes, appelés « grands rouleurs », à partir du 27 mai. Toutefois, cette mesure, bien que bienvenue, ne répond pas aux problématiques structurelles qui entravent l’accès à la mobilité pour les populations les plus vulnérables.

La mobilité est devenue une préoccupation essentielle dans le quotidien des Français. Considérée comme un droit et une solution, elle est perçue comme une évidence par ceux qui en bénéficient, alors qu’elle se transforme en un défi pour ceux qui en sont privés, souvent en raison d’un manque de ressources et de soutien.

Une Capacité d’Élévation Sociale

Réduire la mobilité à un simple déplacement constitue une dévaluation de son sens. Cette vision appauvrie reflète notre manière de concevoir le mouvement et les normes sociétales qui en découlent, souvent au détriment de la santé publique et de l’environnement. La mobilité doit être redéfinie comme une opportunité d’élévation et de réalisation personnelle, plutôt que comme un simple flux de personnes.

Un Ressentiment qui Grandit

Cette transformation sémantique a des conséquences tangibles. Une mobilité centrée sur le mouvement physique exacerbe les inégalités existantes, entraînant des renoncements quotidiens à des emplois, des formations ou des soins, en raison de l’absence d’infrastructures adéquates. Dans certaines régions, ceux qui peuvent se déplacer souffrent des conditions de transport, tandis que dans d’autres, la dépendance à la voiture rend les hausses de prix insupportables.

Une Question d’Éducation et de Liberté

La loi d’orientation des mobilités, adoptée en 2019, proclame un droit à la mobilité, mais sans fournir les moyens nécessaires aux personnes fragiles. Elle impose une injonction à se déplacer, créant ainsi des déséquilibres territoriaux. L’accès à la mobilité doit être perçu non seulement comme un moyen d’accéder à l’emploi, mais également comme un vecteur d’accès aux droits fondamentaux.

Une Condition d’Épanouissement Humain

Réhabiliter la notion de mobilité implique de la sortir de la logique des flux pour la recentrer sur le bien-être des individus. La question de l’inclusion sociale et de la mobilité devient ainsi un enjeu politique majeur. Il est crucial de choisir entre une société où la mobilité est un privilège et une société inclusive où elle est un droit accessible à tous.

Source : La Croix

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