
Mise sous pression par Trump, l’UE trouve un accord sur les droits de douane
Sous la pression de Donald Trump, l’Union européenne a réussi, mercredi, à établir un compromis provisoire pour mettre en œuvre l’accord commercial signé l’an dernier avec les États-Unis, dans l’espoir de clore un chapitre tumultueux des relations transatlantiques. Ce compromis a été annoncé à l’issue d’une nuit de négociations intensives à Strasbourg entre les représentants du Parlement européen et des États membres.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué cette annonce sur X, appelant à « finaliser le processus » rapidement. « Ensemble, nous pouvons garantir un commerce transatlantique stable, prévisible, équilibré et mutuellement bénéfique », a-t-elle déclaré. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a également exprimé sa satisfaction, affirmant que « l’Europe tient ses engagements ».
Le président américain Donald Trump avait fixé à l’UE un ultimatum jusqu’au 4 juillet, date marquant les 250 ans de l’indépendance américaine, pour ratifier l’accord sur les droits de douane négocié l’été dernier à Turnberry, en Écosse. Il a menacé d’augmenter les droits de douane sur les voitures et camions européens de 15% à 25% si l’UE ne respectait pas ses engagements.
L’accord stipule que l’UE doit supprimer les droits de douane sur la majorité des importations en provenance des États-Unis, tandis que les droits de douane américains sur les produits européens sont plafonnés à 15%. Ce processus nécessite l’assentiment à la fois du Parlement européen et des 27 États membres de l’UE.
Cependant, les eurodéputés avaient précédemment exigé un ensemble de garde-fous, difficilement acceptables par les États membres, inquiets d’une réaction défavorable de la Maison Blanche. Finalement, ils ont accepté de baisser leurs exigences. Selon un communiqué du Parlement européen, le texte final accorde aux États-Unis jusqu’à la fin de l’année pour supprimer leurs surtaxes sur les composants en acier et aluminium.
Un autre point de désaccord portait sur les clauses « sunrise » et « sunset », qui déterminaient l’entrée en vigueur de l’accord et sa durée. La clause « sunrise » a été supprimée, tandis que la clause « sunset » a été repoussée à la fin de 2029.
Le président de la commission du commerce international du Parlement européen, Bernd Lange, a minimisé les concessions accordées aux États membres, affirmant que le Parlement a créé un « filet de sécurité » face à une politique douanière américaine de plus en plus imprévisible.
Le compromis négocié devra encore recevoir l’approbation du Parlement et des États membres dans les semaines à venir, une formalité désormais. Le processus avait été longuement entravé par divers facteurs, dont les tensions liées aux ambitions américaines sur le Groenland et des revers judiciaires concernant les droits de douane. La Commission européenne a défendu l’accord de Turnberry, soulignant l’importance de maintenir de bonnes relations avec le premier partenaire commercial de l’UE.
Source : AFP



