Voiliers à Raiatea : des tensions qui menacent un secteur à 5 milliards Fcfp

Voiliers à Raiatea : des tensions qui menacent un secteur à 5 milliards Fcfp

Tehina Rota, ancien ambassadeur du projet Escales, a récemment terminé sa mission d’information sur les nouvelles règles de mouillage, mandatée par la Direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM). Bien que sa mission soit achevée, il continue d’éduquer les plaisanciers sur ces réglementations, qui n’ont pas encore vu l’installation des corps morts prévus. Cependant, les zones de mouillage autour de l’île Sacrée ont été délimitées.

S’adapter aux nouvelles règles de mouillage

Les nouvelles réglementations stipulent que, par exemple, sur la zone Motutiatai, en face de Uturaerae, un maximum de dix bateaux peut mouiller pour une durée de 48 heures. Cette mesure vise à éviter la confusion entre les plaisanciers et les sociétés de charter. Tehina, qui est également vice-président d’une association de protection de l’environnement, souligne l’importance de respecter ces règles pour préserver l’espace maritime.

Un plaisancier, Thomas, a exprimé son étonnement face au nombre de bateaux qu’il a rencontrés. Tout en appréciant la beauté des lieux, il a noté que la limitation à dix places pourrait poser problème, car de nombreux bateaux souhaitent accéder à la même zone.

Tensions croissantes

Le climat entre habitants et plaisanciers s’est récemment détérioré, en partie à cause d’incidents de vandalisme où des jeunes ont saccagé plusieurs voiliers. Ces actes, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive réaction dans la communauté. Les auteurs ont depuis présenté leurs excuses et restitué les objets dérobés.

Une ressource économique essentielle

Pour les professionnels du tourisme, ces tensions nuisent à l’image de la Polynésie. La plaisance et le charter génèrent environ 5 milliards de francs au territoire, offrant de nombreux emplois. Le carénage de Raiatea, dirigé par Dominique Goché, emploie actuellement 28 personnes. Il souligne que les plaisanciers investissent beaucoup d’argent dans l’entretien de leurs bateaux, ce qui contribue à l’économie locale.

Le secteur du charter emploie également environ 200 personnes, dont des locaux. Tana Teihotaata, hôtesse depuis sept ans, décrit son métier comme enrichissant, mais constate une dégradation du climat sur l’eau, avec des plaisanciers souvent pointés du doigt.

Inquiétudes des sociétés de charter

Bien que la nouvelle réglementation vise à apaiser les tensions, elle ne semble pas adaptée aux sociétés de charter. Bertrand Moisset, un professionnel du secteur, explique que les activités de charter diffèrent de celles des plaisanciers. Les contraintes de réservation et de mouillage rendent difficile la flexibilité nécessaire pour répondre aux attentes des clients.

Le partage du domaine maritime reste un défi majeur, tout comme la gestion des épaves dans le lagon. L’équilibre entre plaisance, activité économique et respect des résidents est essentiel pour l’avenir du secteur.

Source : La 1ère

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