
Malgré l’interdiction de la fessée, 36 % des parents jugent cette pratique acceptable
Un récent baromètre sur les violences éducatives ordinaires (VEO) révèle que 36 % des parents en France considèrent la fessée comme une méthode acceptable de punition. Cette étude, menée par l’Ifop pour la Fondation pour l’Enfance et le groupe de recherche Prévéo, a été publiée le 17 avril 2023.
Le baromètre souligne que, malgré l’interdiction de ces pratiques par la loi depuis 2019, la fessée et d’autres formes de violences éducatives demeurent courantes dans les foyers. En effet, 68 % des parents interrogés admettent avoir hurlé ou crié après leur enfant au cours des 12 derniers mois, tandis que 22 % ont avoué avoir donné une fessée à mains nues. Au total, 83 % des parents rapportent avoir eu recours à au moins une forme de violence verbale ou psychologique, et 37 % à une violence physique.
L’étude indique également que 30 % des parents estiment que la fessée est parfois « le seul moyen d’amener leur enfant à bien se comporter », tandis que 27 % pensent qu’elle fait partie intégrante de leur rôle parental.
La perception des violences éducatives varie selon le comportement de l’enfant. Ainsi, 39 % des parents estiment qu’une punition corporelle peut être justifiée si l’enfant est jugé violent, 27 % dans le cas de provocations, et 21 % en cas de désobéissance. De plus, 40 % croient que l’enfant apprend les limites du bien et du mal grâce à ces punitions.
L’étude met également en lumière des différences de perception entre les sexes. Alors que seulement 25 % des femmes estiment que les enfants ont besoin de punitions corporelles, cette opinion est partagée par 40 % des hommes. De même, 46 % des hommes jugent acceptable une punition corporelle lorsque l’enfant est violent, contre 33 % des femmes.
Ces résultats montrent que, malgré une sensibilisation croissante aux violences éducatives ordinaires, leur banalisation persiste, posant des questions sur les méthodes éducatives en France.
Source : Fondation pour l’Enfance, Ifop.




