REPORTAGE.

« Il n’y a pas d’avenir pour nous » : les buralistes inquiets face à la nouvelle génération sans tabac au Royaume-Uni

Le 21 avril 2026, le Parlement britannique a adopté une loi historique interdisant la vente de cigarettes aux personnes nées après 2008. Cette décision suscite de vives réactions parmi les buralistes et les fumeurs en France, où la culture du tabac est encore bien ancrée.

À Auch, dans le Gers, la nouvelle de cette loi a surpris de nombreux buralistes et fumeurs. Au bar-tabac Le Cigalon, un client fumeur exprime son indignation : « Bien sûr, on pense à la santé publique, mais pour moi, c’est une loi liberticide. » La gérante du même établissement souligne que cette interdiction pourrait encourager un marché noir déjà florissant. « Les gens vont acheter ailleurs, tout le monde le sait, » déclare-t-elle, faisant référence au trafic de cigarettes par l’Espagne et la Belgique qui met en péril les bureaux de tabac français.

Les buralistes au bord du précipice

Le patron du Colibri, un autre bureau de tabac d’Auch, se montre fataliste face à l’avenir de son commerce. Il craint qu’une telle loi soit appliquée en France, ce qui, après l’augmentation des prix des cigarettes, représenterait un nouveau coup dur pour les buralistes. « Ça fait 20 ans que j’ai mon tabac, mais jusqu’à quand ? Je ne le sais pas, » confie-t-il.

Les buralistes tentent de diversifier leurs offres, en proposant confiseries, boissons et jeux d’argent. Ils notent également l’émergence de nouveaux modes de consommation, comme les cigarettes électroniques. Younès, chauffeur de bus, observe que « beaucoup de jeunes ont leur vapoteuse », signalant ainsi un changement de tendance.

Une loi possible en France ?

La possibilité d’une loi similaire en France soulève des questions. La gérante du Cigalon n’y croit pas : « On verra plus rapidement des paquets à 30 euros que cette loi. » Younès partage cet avis, soulignant les difficultés techniques d’une telle interdiction. « Il faudrait beaucoup de forces de l’ordre pour faire respecter cela. »

Pour certains, cette différence entre les deux pays repose sur des valeurs culturelles. Un habitué du Cigalon explique que « les Britanniques sont plus rigides sur les lois », ce qui ne correspond pas à l’histoire française.

Les réactions des organismes de santé sont positives. La Ligue contre le cancer a salué cette initiative, rappelant que le tabagisme reste la première cause de décès évitable en France, avec environ 75 000 décès par an. En 2024, 18 % des 18-29 ans fumaient quotidiennement, contre 29 % en 2021, selon le baromètre de Santé Publique France. Cette baisse témoigne de l’efficacité des campagnes anti-tabac, et pourrait inciter la France à s’aligner sur le modèle britannique dans les années à venir.

Source : La Dépêche

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