
Faire du 8 mars un jour férié : et si on arrêtait de travailler… pour enfin avancer ?
Depuis plusieurs jours, le débat public national se concentre sur la question de travailler ou non le 1er mai. Ce sujet s’inscrit dans un contexte plus large, où des droits fondamentaux tels que ceux liés aux retraites, à l’assurance chômage et à la sécurité sociale font l’objet d’une offensive coordonnée. Les porte-parole médiatiques et politiques habituels défendent ces régressions.
Dans cette dynamique, la nécessité de revendiquer de nouveaux droits se fait pressante. Au lieu de réduire le nombre de jours fériés, il serait pertinent de proposer de nouveaux jours fériés, notamment en faveur des droits des femmes, comme l’a suggéré Sophie Binet.
Bien qu’Emmanuel Macron ait désigné l’égalité femmes-hommes comme une « grande cause » de son premier quinquennat, les résultats sont encore insuffisants. En matière d’inégalités salariales, l’écart de salaire moyen entre les hommes et les femmes demeure de 14 % pour un même temps de travail, et cet écart est de 4 % à poste égal dans le même établissement.
Concernant les violences, 76 % des victimes de violences conjugales sont des femmes, et elles représentent 91 % des victimes majeures de violences sexuelles enregistrées. En ce qui concerne le travail non rémunéré, les femmes continuent d’assumer la majorité des tâches ménagères, avec 68 % d’entre elles consacrant chaque jour du temps à la cuisine et/ou au ménage, contre 43 % des hommes. À l’Assemblée nationale, les femmes ne constituent que 36,1 % des élus, et 37,5 % au Sénat.
Ces réalités ne sont pas des vestiges du passé, mais des problématiques qui structurent encore notre présent. La réponse d’un éditorialiste des Républicains, qui a déclaré qu’il y a « autre chose à foutre » ou qu’il faut « se concentrer sur ce qui est important », illustre bien que la lutte pour les droits des femmes est loin d’être achevée.
Faire du 8 mars un jour férié ne se limiterait pas à ajouter une date au calendrier. Cela représenterait une reconnaissance officielle que l’égalité entre les femmes et les hommes est un combat toujours en cours, permettant à chacun de s’informer, de débattre et de se mobiliser. Cela pourrait également inscrire cette exigence au cœur de notre République.
Une société se définit autant par ce qu’elle protège que par ce qu’elle célèbre. Ainsi, revendiquer le 8 mars comme jour férié pourrait constituer une avancée significative dans la lutte pour l’égalité.
Source : L’Humanité






