
Pluton de nouveau une planète ? C’est ce que veut la NASA
Avouez-le : pour beaucoup d’entre nous, la liste des planètes du système solaire s’arrête souvent à Pluton. En 2006, le monde scientifique a reclassé notre petit astre glacé en « planète naine », suscitant un débat qui n’est pas près de se clore. Ce sujet a récemment été ravivé par Jared Isaacman, le patron médiatique de la NASA.
Lors d’une audition devant le Sénat américain sur le budget de la NASA, le sénateur Jerry Moran a interrogé Isaacman sur le statut de Pluton. Sa réponse a été claire : “Je suis très clairement dans le camp de ceux qui veulent que Pluton redevienne une planète”.
Isaacman a également indiqué que des recherches étaient en cours au sein de l’agence spatiale pour soumettre une proposition à la communauté scientifique. Cette volonté de réintégrer Pluton a une forte résonance patriotique aux États-Unis, car Pluton est la seule planète du système solaire découverte par un Américain, Clyde Tombaugh, en 1930.
Pour comprendre cette rétrogradation, il faut remonter à août 2006, lors de l’assemblée générale de l’Union Astronomique Internationale (UAI) à Prague. À cette époque, la découverte de plusieurs objets célestes de taille similaire ou supérieure à Pluton a conduit à redéfinir le concept de planète. L’UAI a établi trois critères pour qu’un corps céleste soit considéré comme une planète : être en orbite autour du Soleil, avoir une forme quasi sphérique due à sa gravité, et avoir « nettoyé » son voisinage gravitationnel. Pluton a échoué sur ce dernier point, partageant son orbite avec d’autres objets de la ceinture de Kuiper, ce qui lui a valu le titre de « planète naine ».
Si le plaidoyer d’Isaacman est touchant, il se heurte à une réalité scientifique complexe. Réintégrer Pluton comme planète impliquerait de promouvoir d’autres corps comme Éris, Hauméa, et Makémaké, ce qui pourrait faire passer le nombre de planètes de huit à une dizaine, voire une quinzaine. Cela compliquerait l’apprentissage de l’astronomie et pourrait rendre la catégorie moins descriptive.
Les arguments en faveur de ce rétablissement reposent principalement sur des sentiments d’attachement émotionnel et des critères géophysiques, mais la décision de 2006 repose sur des bases solides.
Source : Les Numériques



