
Des scientifiques restaurent les propriétés des cellules souches âgées en ciblant leurs lysosomes
Une étude collaborative publiée dans Cell Stem Cell par Mickaël Ménager de l’Institut Imagine (Inserm, Université Paris Cité) et Saghi Ghaffari de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai, explore une approche novatrice pour rajeunir les cellules souches hématopoïétiques. En restaurant les « centres de recyclage » de ces cellules, les chercheurs ont réussi à améliorer certaines de leurs fonctions, ouvrant ainsi des perspectives pour des traitements visant à améliorer la santé des personnes âgées et à lutter contre les cancers du sang.
Le défi du vieillissement du sang
La moelle osseuse contient des cellules souches hématopoïétiques, essentielles pour la production de globules rouges, de plaquettes et de globules blancs. Avec l’âge, ces cellules perdent leur capacité à se régénérer, ce qui affaiblit le système immunitaire et augmente le risque d’infections et de maladies sanguines, y compris les cancers.
Une découverte au cœur des lysosomes
Les chercheurs ont identifié que le vieillissement des cellules souches est lié à la dégradation de leurs lysosomes, qui agissent comme des centres de recyclage. Ces organites deviennent moins fonctionnels chez les souris âgées, entraînant une accumulation de déchets cellulaires et une inflammation chronique. Les résultats ont été validés à la fois ex vivo et in vivo.
Principales découvertes de l’étude :
- Inversion ciblée : L’utilisation d’un inhibiteur spécifique a permis de restaurer la fonction lysosomale et l’intégrité des cellules souches.
- Efficacité multipliée : Le traitement ex vivo a augmenté par plus de huit fois la capacité des cellules souches âgées à générer de nouvelles cellules sanguines après transplantation.
- Réduction de l’inflammation : Le traitement a diminué l’activation de la voie cGAS-STING, associée à l’inflammation chronique.
Perspectives
Ces résultats pourraient conduire à des traitements visant à inverser les troubles sanguins liés à l’âge, à améliorer les greffes de moelle osseuse chez les patients âgés et à optimiser les thérapies géniques basées sur des cellules souches saines. Cette recherche souligne l’importance d’une collaboration entre des institutions de renommée en biologie des cellules souches et en génomique unicellulaire.
Source : Inserm, Cell Stem Cell




