Vrai ou faux. Est-ce que réellement

Vrai ou faux : « Plus on est pauvre, plus on fait appel à l’euthanasie » ?

Selon Hervé Morin, président des Centristes en Normandie, la légalisation de l’aide à mourir pourrait exercer une pression sur les personnes en fin de vie issues de milieux défavorisés. Toutefois, les études disponibles sur le sujet semblent contredire cette affirmation.

Le projet de loi autorisant une procédure encadrée de suicide assisté et d’euthanasie a été récemment rejeté par le Sénat français. Les opposants à cette réforme avancent souvent que l’accès à l’aide à mourir pourrait désavantager les plus vulnérables, en particulier ceux vivant dans la pauvreté.

Cependant, les recherches sur le lien entre statut socio-économique et euthanasie montrent une tendance inverse. Par exemple, une étude canadienne analysant 50 096 décès dans un service de soins palliatifs entre 2016 et 2019 révèle que 2,4 % des patients les plus riches ont eu recours à l’aide à mourir, contre seulement 1,5 % chez les plus défavorisés. Cela suggère que les patients issus de milieux moins aisés sont presque deux fois moins susceptibles de demander cette assistance.

Une recherche menée en Suisse entre 2003 et 2014 a également mis en évidence que les demandes de suicide assisté étaient plus fréquentes dans des quartiers à indice socio-économique élevé, sans aucune prévalence chez ceux vivant dans des zones plus pauvres. De plus, une étude américaine de 2022 a identifié que le profil type des personnes ayant recours à l’aide à mourir était un homme blanc non-hispanique, âgé de 64 ans ou plus, atteint de cancer et ayant un niveau d’éducation supérieur.

Ces données suggèrent que l’argument selon lequel les personnes pauvres seraient plus enclines à demander l’euthanasie est infondé. Au contraire, les recherches indiquent que l’accès à l’aide à mourir est plus courant parmi les populations plus aisées, ce qui soulève des questions sur l’équité et l’accessibilité des soins en fin de vie.

Source : Franceinfo

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire