Cohabitations en Ehpad, bénévolat, loyers réduits : les solutions étonnantes des étudiants pour se loger malgré la pénurie de logements

Cohabitations en EHPAD, bénévolat, loyers réduits : des solutions innovantes pour les étudiants à Montpellier

Avec seulement 10 000 places pour 80 000 étudiants, la ville de Montpellier (Hérault) ne parvient pas à répondre à toutes les demandes de logements universitaires. La municipalité, ainsi que diverses associations, mettent en place de nouvelles formes d’habitat, fondées sur la solidarité et le bénévolat.

Idrissa, étudiant, vit dans un ancien logement de fonction au sein de l’EHPAD Michel Bélorgeot, où il partage son espace avec deux autres étudiants. Dans ce cadre, il s’engage auprès des résidents, offrant des activités variées en échange d’un loyer réduit. Ce dispositif de colocation étudiante en EHPAD, mis en place il y a huit ans, propose cette année quinze places à des loyers mensuels variant de 180 à 250 euros, charges comprises.

Idrissa consacre trois heures par semaine à interagir avec les résidents, mais il avoue que son engagement va bien au-delà. Il envisage de devenir infirmier en EHPAD, une décision renforcée par son expérience intergénérationnelle. Les résidents, à leur tour, apprécient cette présence juvénile, comme le souligne Jeannine Nice, une des résidentes.

Malgré ces initiatives, les quinze places offertes restent dérisoires face à la pénurie de logements. Le Sénat estime qu’il manque environ 250 000 logements étudiants en France. À Montpellier, les étudiants doivent souvent se tourner vers le marché locatif privé, où les prix peuvent être prohibitifs, représentant en moyenne 75 % de leur budget.

L’Afev, l’association française pour la vie étudiante, a également développé le projet « Kaps », qui propose des colocations à projet solidaire. Les étudiants, surnommés « kapseurs », bénéficient de loyers réduits en échange d’heures de bénévolat. Actuellement, 58 étudiants profitent de ce dispositif dans le quartier populaire de la Mosson, où ils s’impliquent dans des activités associatives et du mentorat.

Jean-Marie Bargot, président de l’association Solidarité DOM-TOM Hérault CSF, souligne l’augmentation de la précarité étudiante, avec des jeunes qui peinent à se nourrir. Une étude de l’Union étudiante révèle qu’environ 48 % des étudiants ont déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières. Le syndicat appelle à la création de 80 000 logements supplémentaires par an pour faire face à cette crise.

Ces initiatives, bien que louables, posent la question de la capacité des étudiants à se concentrer sur leurs études tout en jonglant avec des engagements sociaux et des difficultés financières.

Source : France 3 Occitanie

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