
Un changement d’ampleur est possible
Londres (Angleterre), reportage
Le 7 mai prochain, le Royaume-Uni se prépare à des élections locales cruciales, remettant en jeu 5 013 sièges d’élus. Le Green Party, déterminé à s’imposer comme une force politique significative à gauche, intensifie ses efforts de campagne. Dans le parc de Lewisham, des membres du parti se rassemblent, attirant l’attention des jeunes élèves récemment sortis de l’école.
Chris Williams, responsable des élections et directeur adjoint du Green Party, souligne l’importance de cette élection. Lewisham est l’un des sept arrondissements que les Verts espèrent conquérir parmi les 32 de Londres. En 2022, tous les conseillers élus dans cet arrondissement étaient issus du Parti travailliste. Williams déclare : « Un score digne de la Russie ou de la Corée du Nord. Mais cette fois, ça va être différent. Un changement de grande ampleur est possible — le Labour pourrait même perdre sa majorité ! »
En quatre ans, le paysage politique a évolué. Le Parti travailliste, dirigé par Keir Starmer, a pris le pouvoir à Westminster en 2024, mettant fin à quatorze années de gouvernance conservatrice. Cependant, cette période a été marquée par une chute de popularité, le gouvernement étant devenu l’un des plus impopulaires de l’histoire récente.
Les critiques à l’égard du Labour se multiplient, notamment en raison de coupes dans les minima sociaux et d’une politique d’austérité persistante. Eddie, un jeune de 18 ans soutenant le Green Party, déclare : « Ils ont trahi toutes les valeurs de la gauche. » Ce mécontentement a ouvert une opportunité pour le Green Party, qui a vu ses membres augmenter de 400 % pour atteindre près de 250 000, selon Chris Williams.
Les Verts se positionnent désormais à égalité avec le Labour et les Conservateurs dans les sondages nationaux, chacun à 17 %, derrière le parti d’extrême droite Reform UK. À Londres, ils se trouvent juste derrière le Labour avec 24 % des intentions de vote pour les élections locales. Ce contexte, couplé à des scandales touchant le Labour, rend le résultat des élections particulièrement incertain.
Ruth Persian, candidate à Lewisham, évoque l’enthousiasme suscité par l’élection de Zack Polanski à la tête du parti. Ancien acteur et communicant efficace, Polanski se présente comme un « écopopuliste », cherchant à incarner une alternative progressiste face à l’extrême droite. Le nombre de membres à Lewisham a explosé, tandis que les ressources financières du parti ont doublé.
Malgré ces avancées, le Green Party fait face à des défis significatifs, notamment la réalité des budgets municipaux affectés par des années de coupes. Ruth Persian relativise : « S’il y a une poussée assez importante à l’échelle locale, on pourra faire changer les choses. »
Les électeurs anglais ne seront pas seuls à voter le 7 mai; les Écossais renouvellent également leur Parlement de dévolution, et les Gallois, avec l’élargissement de leur Senedd à 96 sièges, pourraient également voir le Green Party gagner des sièges, renforçant son rôle potentiel dans les discussions politiques.
Source : Reporterre





