Affaire Seznec : une 15e demande de révision déposée, un siècle après les faits en Bretagne
À Morlaix, dans le Finistère, une nouvelle demande de révision de la condamnation de Guillaume Seznec a été déposée le 7 septembre 2026. Présentée comme la quinzième démarche de ce type, elle est portée par deux de ses petits-fils et leur avocat, Denis Langlois. La requête ne signifie pas que la condamnation est annulée : la commission compétente doit encore l’examiner.
Une requête fondée sur un témoignage familial
Selon les informations publiées par 20 Minutes le 1er octobre 2026, la demande a été déposée devant la commission d’instruction des demandes en révision. Denis Langlois représente Jean-Yves et Gabriel Seznec, petits-fils de Guillaume Seznec.
L’élément mis en avant est un témoignage attribué à « Petit-Guillaume », l’un des fils de Guillaume Seznec, mort en 1981. Il aurait confié à trois proches avoir assisté, enfant, à la mort de Pierre Quéméneur dans la maison familiale de Morlaix, en mai 1923. Selon cette version, Marie-Jeanne Seznec, épouse de Guillaume, aurait provoqué accidentellement sa mort alors qu’il lui faisait des avances. Ce récit est rapporté par les demandeurs ; il ne constitue pas, à lui seul, une conclusion judiciaire.
L’historien Michel Pierre, cité par 20 Minutes, conteste cette hypothèse et la juge extravagante. Il estime que le dossier d’instruction accable Guillaume Seznec. La nouvelle demande n’établit donc pas que les faits se sont déroulés comme le raconte ce témoignage.
Une affaire née en Bretagne en 1923
Pierre Quéméneur, conseiller général du Finistère, a disparu après être parti en voyage avec Guillaume Seznec, négociant installé à Morlaix. Seznec a affirmé l’avoir laissé à la gare de Dreux. Le corps de Quéméneur n’a jamais été retrouvé.
En 1924, la cour d’assises du Finistère a condamné Guillaume Seznec aux travaux forcés à perpétuité pour le meurtre de son compagnon de voyage. Il a toujours nié l’avoir tué. Gracié en 1946, il est rentré en France en 1947 et est mort en 1954. Plusieurs demandes de révision ont été rejetées au fil des décennies.
Ce que la procédure change — et ne change pas
Le dépôt de la requête ne rouvre pas automatiquement le procès et ne modifie pas la condamnation. La commission doit d’abord examiner si la demande remplit les conditions légales. La Cour de cassation précise qu’une révision peut être engagée lorsqu’un fait nouveau ou un élément jusque-là inconnu est susceptible d’établir l’innocence ou de faire naître un doute sur la culpabilité. La procédure de révision expliquée par la Cour de cassation.
Au 1er octobre 2026, aucune décision sur cette quinzième requête n’est rapportée dans les informations disponibles. Pour les habitants de Morlaix et du Finistère, il s’agit donc d’un nouveau développement judiciaire et mémoriel autour d’une affaire bretonne ancienne, sans conséquence immédiate annoncée localement.
Source : 20Minutes – Actu Rennes
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