À Gaya, une agricultrice et un éleveur s’allient pour protéger les champs des dégâts du bétail
À Lonkon Goma, près de Gaya, au Niger, Mai Zabbi soutient d’autres agricultrices et s’est rapprochée d’un éleveur pour protéger les cultures des dégâts du bétail. Cette organisation locale repose sur la coopération et le dialogue entre agriculteurs et éleveurs.
De la précarité foncière à l’entraide
Mai Zabbi, de son vrai nom Amina Tankari, a 70 ans. Depuis la mort de son mari, il y a plus de 25 ans, elle cultive notamment du mil, du sorgho, de l’arachide et des haricots. Son champ se trouve à Lonkon Goma, à trois kilomètres de Gaya, dans le sud-ouest du Niger.
Avant d’acquérir sa propre parcelle, elle louait des terres que leurs propriétaires pouvaient reprendre, parfois alors même que les cultures étaient en cours de production. Elle a finalement acheté un champ et continue de le travailler malgré les difficultés, notamment les serpents et les scorpions rencontrés lors du désherbage et les dégâts causés par des animaux.
Son expérience l’a conduite à aider d’autres femmes du village. Matta, 65 ans, raconte que Mai Zabbi l’a encouragée après la destruction de son champ par des animaux. Cette année, elle a pu semer de l’arachide sur une partie de la parcelle prêtée par son aînée.
Un accord avec un éleveur
Pour limiter les dégâts dans les champs et prévenir les tensions, Mai Zabbi coopère avec Garba Maman. Éleveur depuis cinquante ans et propriétaire de plus d’une centaine de têtes de bétail, il veille sur sa parcelle ainsi que sur celles d’autres femmes.
Garba Maman estime que des incidents peuvent survenir lorsque les troupeaux sont confiés à de jeunes gardiens qui ne ment pas les conséquences de leur passage dans les cultures. Une récolte endommagée peut provoquer la colère du propriétaire du champ et dégénérer en dispute si personne ne cherche à apaiser la situation. Selon lui, l’entente avec les agricultrices permet d’éviter ces affrontements.
Prévenir les dégâts par le dialogue
Mai Zabbi et Garba Maman sensibilisent chacun les membres de leur communauté. Ils encouragent les agriculteurs à désherber et à délimiter leurs parcelles par des clôtures. Mai Zabbi souligne que des champs mal entretenus ou insuffisamment délimités risquent davantage d’être traversés par les animaux.
À Lonkon Goma, la démarche associe ainsi protection des cultures, soutien entre agricultrices et échanges avec les éleveurs. Mai Zabbi continue de cultiver son champ et en met une partie à disposition d’autres femmes, tout en encourageant des pratiques destinées à prévenir les conflits.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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