
X : un espace d’expression aux mains des extrêmes droites
D’un lieu d’information et de divertissement en temps réel utilisé par le public, les journalistes et les politiques, Twitter, devenu X, s’est transformé en espace de propagande au service de l’extrême droite. Une mutation qui change les règles et soulève une question : faut-il quitter le réseau ?
Lancée en 2006, Twitter est une application américaine de micro-blogging. À l’origine, elle permettait aux utilisateurs d’écrire un message en n’utilisant que 140 caractères, favorisant une nouvelle forme d’écriture où la précision est primordiale. Rapidement, le réseau a été adopté par les journalistes, les humoristes, ainsi que par les politiques et les entreprises, devenant un lieu essentiel d’information.
Un réseau sous emprise
En 2022, ce poids médiatique a attiré l’attention du milliardaire Elon Musk. Après avoir déboursé 44 milliards de dollars pour acquérir le réseau, il a décidé de faire table rase, limogeant les anciens dirigeants de Twitter et licenciant près de 80 % des employés, selon CNN.
Twitter a changé de nom pour devenir X, se présentant comme un champion de la « liberté d’expression ». Avec un nouvel algorithme, Musk est désormais en mesure d’exposer ses utilisateurs à davantage de « contenus de droite radicale, voire complotistes », comme l’indique Julien Nocetti, chercheur au Centre géopolitique des technologies de l’Ifri, dans Alternatives Économiques. De plus, Musk a développé Grok, un chatbot dont la personnalité fait l’apologie de l’extrémisme, selon l’Humanité.
Ces décisions ont des conséquences morales pour les utilisateurs. Une étude publiée dans Nature révèle que la promotion massive de ces contenus pourrait influencer le compas moral et politique des utilisateurs, les rendant plus conservateurs, comme l’indique Usbek & Rica.
Ces éléments incitent à réfléchir sur la nécessité de quitter X pour retrouver un fil d’actualité moins biaisé.
Comment shitposter plus sereinement ?
Il existe plusieurs alternatives pour se détourner de la bulle conservatrice de X. Deux options se démarquent :
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Bluesky : Créé en 2019 par Jack Dorsey, le cofondateur de Twitter, Bluesky offre une expérience similaire à son prédécesseur. Il repose sur un protocole ouvert permettant d’héberger ses données sur un serveur central ou sur un serveur dédié. Les utilisateurs peuvent indiquer leurs centres d’intérêt et accéder à des kits de démarrage pour retrouver facilement des personnes à suivre parmi les 40 millions d’utilisateurs présents. Bluesky bénéficie d’une politique de modération stricte, où les utilisateurs bloqués n’ont plus accès à nos posts.
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Mastodon : Fondée par Eugen Rochko en 2016, cette plateforme de microblogging est décentralisée et libre. Lors de l’inscription, les utilisateurs peuvent choisir entre la plateforme principale ou un serveur spécifique. Bien que ce modèle décentralisé favorise l’interaction entre différents serveurs, il peut être difficile à appréhender pour ceux habitués à des écosystèmes uniques. En 2026, Mastodon comptait environ 749 000 utilisateurs mensuels actifs.
Il est important de noter que, malgré ces alternatives, le contexte de Twitter avant l’arrivée de Musk n’était pas exempt de problèmes. Le réseau a été critiqué pour avoir servi de terrain de jeu pour le cyberharcèlement, comme le montre le cas du GamerGate, une campagne internationale de harcèlement sexiste visant des femmes journalistes et développeuses de jeux vidéo.
La transformation de Twitter sous Musk accentue ces comportements, alimentés par un algorithme qui privilégie certaines idées. Dans ce contexte, rester sur X pourrait ne plus être nécessaire. Des outils comme xcancel.com permettent d’accéder aux informations présentes sur le réseau sans y laisser ses données.
En privilégiant ces alternatives, les utilisateurs peuvent lutter contre le projet idéologique d’Elon Musk tout en retrouvant une sérénité numérique.
Source : Alternatives Économiques, CNN, Usbek & Rica, l’Humanité.





