
Un homme de 46 ans jugé pour avoir dépouillé une octogénaire de 830 000 euros
Le procès d’un homme de 46 ans s’ouvre lundi 18 mai devant la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques à Pau. Il est accusé d’avoir manipulé puis dépouillé une octogénaire vulnérable avec qui il s’était pacsé. Une affaire aux multiples rebondissements, qui s’est nouée entre le Béarn, le Pays basque et le Maroc.
Tout commence en 2019. Jeanne N., alors âgée de 88 ans, rencontre Matthieu T., 39 ans, à Boeil-Bezing, petite commune de 1 300 habitants située au sud-est de Pau. L’homme est connu pour effectuer des démarchages téléphoniques dans le but de vendre à des personnes âgées des bouteilles de vin de mauvaise qualité à des prix élevés.
L’ancienne voisine de Jeanne se souvient de son départ précipité en décembre de cette année-là. Surnommée « Jeannette », elle lui annonce partir avec ce représentant en vin, lui montrant ses bagages déjà faits. Le lendemain, Matthieu indique à la voisine qu’il emmène « Jeannette » vivre dans un appartement à Bayonne. Depuis cette date, elle n’a plus jamais eu de nouvelles de l’octogénaire.
C’est ainsi que le duo s’installe à Bayonne, dans un appartement loué au nom de Jeanne. Veuve, sans héritier direct, son entourage familial se limite à deux neveux, avec qui les relations sont tendues. Un mois et demi après leur installation, le 17 février 2020, Jeanne N. et Matthieu T. se pacsent, malgré leurs 49 ans d’écart.
Les habitudes bancaires de Jeanne changent rapidement. Un virement permanent de 1 300 euros est mis en place depuis son compte vers celui de Matthieu, à qui elle a donné procuration. Ce pouvoir lui permet de clôturer plusieurs comptes appartenant à la retraitée, ainsi que des contrats d’assurances-vie, pour un montant avoisinant 570 000 euros. Il crée également une société civile immobilière où figurent leurs deux noms et fait l’acquisition de nombreux biens, sans la présence de l’octogénaire lors des transactions.
Jeanne N. semble s’être volatilisée depuis son départ de Boeil-Bezing. En 2020, elle consulte seulement à deux reprises son nouveau médecin traitant, un homme connu des services de police pour des faits d’escroquerie et de blanchiment. Les inquiétudes concernant son sort ne surgissent qu’en mai 2022, lorsqu’un mail évoquant une suspicion liée au Pacs est reçu par la mairie de Bosdarros.
La dernière trace officielle de Jeanne remonte au 28 octobre 2022, lorsqu’elle atterrit à Casablanca, au Maroc. En juin 2023, Matthieu T. est arrêté en France, en possession de la carte bancaire de la vieille femme. Il affirme qu’elle est en bonne santé et réside chez les parents de sa nouvelle compagne. Cependant, lors d’un interrogatoire, il reconnait avoir profité d’environ 580 000 euros, ayant acquis une maison à Anglet avec les fonds de la retraitée.
Les investigations révèlent que Matthieu T. a dissous unilatéralement le Pacs en février 2023, et le montant cumulé du préjudice total dépasse les 830 000 euros. Détenu à Mont-de-Marsan depuis le 14 juin 2023, il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, dont abus de confiance et blanchiment.
Jeanne N. est décédée le 13 juillet 2025 à l’âge de 94 ans.
(Source : France 3 Régions)




