
Transmission, symptômes, traitement : pourquoi l’épidémie d’Ebola qui touche la République démocratique du Congo inquiète
C’est la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo depuis l’identification de la maladie en 1976. Le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son deuxième niveau d’alerte internationale face à cette épidémie, marquée par un cas confirmé dans la ville de Goma, contrôlée par le groupe armé M23. Ce niveau d’alerte est le plus élevé en réponse à une épidémie d’Ebola.
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L’OMS a déclaré que la maladie causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), bien qu’elle ne réponde pas aux critères d’urgence pandémique. Actuellement, l’USPPI est le deuxième niveau d’alerte le plus élevé de l’OMS, après l’urgence due à une pandémie.
Au 16 mai 2026, l’OMS a rapporté huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province de l’Ituri, répartis sur au moins trois zones de santé. Parmi ces cas, deux ont été confirmés sans lien apparent, et un décès parmi le personnel soignant a été observé, soulevant des préoccupations concernant la transmission nosocomiale.
Quels sont les symptômes de la maladie ?
L’incubation de la maladie varie de 2 à 21 jours. Les symptômes initiaux incluent généralement fièvre, fatigue, malaise, douleurs musculaires, céphalées et maux de gorge. Par la suite, les patients peuvent souffrir de vomissements, de diarrhée, de douleurs abdominales, d’éruptions cutanées, ainsi que de symptômes d’insuffisance rénale et hépatique. Bien que les saignements soient souvent perçus comme un symptôme courant, ils sont en réalité moins fréquents et peuvent survenir à un stade avancé de la maladie.
Comment se transmet la maladie ?
La transmission du virus se produit suite à un contact avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques d’animaux infectés, tels que les chauves-souris, les chimpanzés, et les gorilles. De plus, le virus peut être transmis entre humains par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée. Les personnes ne peuvent pas transmettre la maladie tant qu’elles n’ont pas développé de symptômes, mais elles restent contagieuses tant que leur sang contient le virus. Les cérémonies d’inhumation impliquant un contact avec le corps d’un défunt peuvent également favoriser la transmission.
Quels traitements ?
Bien que la maladie à virus Ebola soit rare, elle est souvent mortelle. Trois virus différents sont responsables des flambées majeures : le virus Ebola, le virus Soudan et le virus Bundibugyo. Le taux de létalité moyen est d’environ 50 %, avec des variations historiques allant de 25 % à 90 %. Bien qu’il existe des vaccins et des traitements homologués contre certaines souches, aucun traitement n’est approuvé pour d’autres, comme le virus Soudan ou le virus Bundibugyo. Des produits candidats sont en cours de développement.
Isaac Nyakulinda, représentant de la société civile à Rwampara, a rapporté : « Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines. Il n’y a pas de lieu pour isoler les malades. Ils décèdent à domicile et leurs corps sont manipulés par leurs familles. » Entre 2018 et 2020, la République démocratique du Congo a connu une épidémie d’Ebola ayant causé près de 2 300 décès sur 3 500 cas signalés.
Sources : OMS, avril 2025.




